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Depuis 1963, un régime dictatorial maintient le Togo
sous sa coupe et tentera à deux (2) reprise, 1980 et
1993, de se légitimer.
Plusieurs tentatives de forces démocratiques connues
à ce jour n'ont pu y mettre fin. Néanmoins,
dès 1989, des jeunes uniront leurs forces pour ébranler
ce système et tenter de jeter les bases d'une société
démocratique au Togo.
En 1991, nous avons senti la nécessité de regrouper
nos forces à travers nos associations, pour combattre
la dictature au Togo.
" L'opération Liberté " lancée
en mars 1991 par le Collectif des Mouvements Etudiants
(GRAD-MELD-OULDT puis le FELD) et le Groupe " J.B. "
nous permettra de jeter les bases d'un processus démocratique
et de récolter les prémices d'une société
nouvelle au Togo à savoir :
- la libéralisation de la vie politique avec l'autorisation
des partis politiques;
- l'amnistie pour les exilés politiques ;
- l'organisation de la Conférence nationale ;
- l'autonomie de l'Université du Bénin.
Et si aujourd'hui, nous tirons fierté de cette époque,
nous ne devons pas perdre de vue que cette réussite
était due, certes à notre sens de l'organisation
et à notre sens de responsabilité, mais aussi
et surtout à notre fidélité à
un idéal, à notre fraternité et à
notre cohésion autour de leaders de fait, Dégli
Jean et Logo Hilaire assistés de Lawson-Helu Jacob,
Folly Bertin et Yovodévi Firmin.
Malheureusement, dès 1992, les limites de cette action
se feront sentir et ce, malgré l'avènement des
partis politiques.
Paradoxalement, avec l'avènement des partis politiques,
notre cohésion vole en éclats entraînant
des susceptibilités au sein du Groupe. Dès lors,
un pôle se crée autour de Jean Dégli et
un autre autour de Logo Hilaire, tandis que d'autres encore
partagés préfèreront se mettre en retrait.
Depuis cette époque, par ressentiment et par manque
de volonté, notre Groupe perdra sa force et indirectement
contribuera au clivage de l'opposition.
Ainsi dès 1992, s'est alors posée la question
de savoir pourquoi le processus togolais a été
un échec et quelle alternative choisir. A cette interrogation
s'est attelé un groupe de Jeunes Togolais au Togo et
en Europe.
Aujourd'hui, après six (6) ans d'expectative, nous
nous demandons s'il ne faut pas nous réorganiser et
reprendre la lutte.
Certes, on se demandera pourquoi se réorganiser puisque
les diverses tentatives :
- "Lokossa " au Bénin en Janvier 1993 à
l'initiative du GRAD, avec l'aide de nos camarades de lutte
béninois du M.A.P. et, avec comme objectif la création
d'une force démocratique de la jeunesse togolaise;
- " Objectif Démocratie " à Paris
en France en 1994 ;
- " Action Commune pour le Togo " en France en 1996
;
- " Model Togo" en Belgique en 1996 et dont l'objectif
est de mettre en uvre l'idée de la réorganisation
de la lutte au Togo autour de la jeunesse et de ses éventuels
leaders, ont toutes échouées et notre premier
regroupement, JB, était en pleine crise.
I. POURQUOI SE REORGANISER ? LE CONSTAT
Effectivement, on peut légitimement se demander pourquoi
se réorganiser au lieu d'intégrer les partis
politiques et de là donner une nouvelle impulsion à
notre lutte. Et ce d'autant que certains d'entre nous sont
déjà membres de partis politiques.
1 - L'Alternative.
En 1994, il existait une quarantaine de partis politiques
dont les ¾ se réclament proches d'opposition.
Cette opposition elle même est représentée
en partie à l'Assemblée Nationale. Dès
lors, nous pouvions à l'époque opter pour l'intégration
à l'opposition parlementaire ou intégrer l'opposition
extra parlementaire.
Nous pouvions aussi créer une nouvelle dynamique de
groupe en réorganisant nos bases et nos réseaux
pour une plus large sensibilisation tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur du Togo.
2 - Le choix.
D'une part, intégrer un parti politique suppose une
cohérence et une dynamique de groupe propre. Ce qui
n'était plus notre cas.
Nous comptons en effet dans nos rangs des militants de partis
différents. En outre, ces personnes sont sous l'influence
directe des responsables de ces partis. Dès lors, à
quel parti intégrer le Groupe ?
Par ailleurs, les partis politiques Togolais n'ont aucune
idéologie qui puisse les différencier les uns
des autres. Ils sont restés, dans la pratique, au stade
d'organisations de contestation et/ou d'opposition pure et
simple à un régime dictatorial.
Alors, sur quelle base objective pourrions-nous opérer
cette intégration ?
D'autre part, le seul groupe fédérateur que
nous ayons pu constituer est le GROUPE JB en crise depuis
avril 1991 à cause de querelles de personnes exacerbées
par des influences extérieures. Pourtant, nous sommes
animés par une volonté de réussir ; d'où
notre choix : poser clairement et réaffirmer dès
maintenant les principes qui nous ont toujours réunis
et qui constitueront les bases d'un engagement nouveau pour
Tous.
Notre constat étant clair depuis les échecs
successifs de Lokossa, de Paris et de Bruxelles, que ; non
seulement les partis politiques, principaux responsables de
la démobilisation de la Jeunesse Togolaise, n'ont pas
intérêt à ce que cette Jeunesse s'organise
et dégage ses leaders, mais aussi, que si nous mêmes
ne faisons pas l'effort de couper le lien vicieux tissé
avec les partis politiques, nous encourons le risque d'un
nouvel échec.
II. COMMENT SE REORGANISER OU LES BASES DE NOTRE ENGAGEMENT
Il s'agit des bases minimales autour desquelles s'axe notre
adhésion individuelle.
. La détermination des forces militantes (la rencontre
du 03 Août 97 à Paris).
. Notre objectif .
. Les principes (Le Code de Conduite).
. La détermination de notre ligne idéologique
(Le Manifeste).
. Le cadre (Les Statuts).
. Le financement.
. Un leader dégagé.
1. La détermination des forces militantes.
Ce sont les femmes et les hommes qui adhèrent à
nos principes et prennent l'engagement de tout mettre en uvre
afin de donner une nouvelle impulsion à notre lutte
et en animer les structures. Ces femmes et hommes sont aussi
bien des camarades de lutte que des personnes ayant fait leur
preuve et qui sont restées fidèles à
nos principes.
D'autres personnes encore pourront adhérer à
nos principes si elles remplissent les conditions requises
et si elles sont parrainées.
Une rencontre, celle du 03 Août 1997 à Paris,
permet de déterminer, sur base de leur engagement personnel
et individuel, les forces militantes.
Ceux qui ne partagent plus nos convictions se sont abstenus
d'y participer et dès lors à nos actions futures.
2. Nos principes.
Nos principes sont les suivants :
- la fidélité qui suppose la soumission au Mouvement
et à son Autorité. Elle doit partir du principe
selon lequel, nul ne peut servir deux (2) intérêts
à la fois, c'est à dire partager nos convictions
et celles d'un parti politique.
- La cohésion qui suppose le respect des textes de
base et de nos principes.
- La fraternité qui suppose la sincérité,
l'honnêteté et la solidarité entre tous
les membres.
Ces principes font partie intégrante d'un code de conduite
assorti d sanctions.
Ils constituent un des critères d'adhésion à
notre Mouvement.
3. Notre objectif.
Créer et garantir les conditions d'une évolution
sociale, économique et culturelle des populations togolaises
en contribuant à l'instauration d'un Etat de droit
au Togo ou en l'instaurant, par la prise de contrôle
des institutions afin de donner l'impulsion nécessaire
à la réalisation de l'objectif final.
Cela se réalisera aussi en garantissant l'exercice
des libertés fondamentales et le bon fonctionnement
des institutions dans le respect des lois de la République.
4. Déterminer notre ligne idéologique.
Il s'agit de rationaliser notre lutte en lui donnant les bases
objectives d'une ligne politique, soubassement idéologique
de notre lutte. Cette ligne sera notre référence
et une des bases de notre cohésion interne. Elle est
contenue dans Le Manifeste.
5. Le cadre.
- La base : une moyenne de 3 à 5 personnes par pays
suffit pour créer une structure. La qualité
et l'efficacité doivent primer sur le nombre.
- Les structures : sont constituées d'associations
(type loi française de 1901) ayant une personnalité
juridique dans chaque pays. Cependant, les statuts et règlement
intérieur sont harmonisés afin que ces textes
soient identiques pour toutes les structures.
- Le fonctionnement : Le consensus doit primer dans les prises
de décision au sein des directoires car, les structures
sont ses " associations fermées " ouvertes,
dans un premier temps, à peu de personnes. Ses membres
partageant les mêmes convictions, un minimum d'accord
est nécessaire pour la célérité
des actions à mener et des décisions ordinaires
à prendre.
Les décisions politiques et prises de position se feront
par le Conseil Exécutif au nom de toutes les structures
quelle que soit la langue de travail de celles-ci et leur
autonomie.
- La coordination des structures : est assurée par
le Conseil, organe de direction du Mouvement. Ce Conseil est
issu d'une fédération des directoires de structures,
du Groupe de pression et de Commissions spécialisées.
- Le Congrès : est l'organe suprême de prise
de décisions. Il regroupe toutes les structures et
éventuellement les réseaux.
6. Le financement.
Les ressources du Mouvement proviendront de contributions
forfaitaires, de subventions dont la provenance peut être
confidentielle mais pas anonyme.
Le Conseil veillera, en vertu des Statuts, du Manifeste et
du Code de Conduite, à ne susciter aucune subvention
préjudiciable au Mouvement.
7. Dégager à terme un leader.
Le leader sera " le tremplin ou l'obstacle ". Le
tremplin parce qu'il sera le rassembleur, le garant de la
cohésion du Mouvement et celui qui devra se préparer
matériellement, psychologiquement et spirituellement
pour faire aboutir notre lutte.
Néanmoins et dans un premier temps, il s'est avéré
plus important de mettre sur pied les structures et la configuration
des réseaux et, ensuite désigner au cours du
Congrès, le Conseil Exécutif qui désignera
ce Leader.
III. PERSPECTIVES DE MISE EN UVRE
1. La sensibilisation et la responsabilisation des membres.
L'un des objectifs du Conseil est d'assurer la sensibilisation
permanente des membres. Un support confidentiel, " La
Note d'Information ", est éditée à
cet effet par le Conseil et sert de cadre de débat
pour les dirigeants du Mouvement.
D'autre part, le Conseil assure le contrôle des structures
et la participation des membres à la vie du Mouvement
et ce, à tous les niveaux selon le principe de fractionnement
des responsabilités.
2. La spécialisation des structures.
Afin d'éviter un gaspillage des énergies et
des moyens, chaque structure a une fonction spécifique:
elle est spécialisée dans un domaine unique.
Ce qui aurait pour avantage de tenir compte du facteur géographique
permettant la célérité dans le traitement
et l'analyse des dossiers. Les grands domaines sont :
- Droits de l'Homme et Libertés ;
- Affaires sociales ;
- Affaires économiques et développement.
3. Le déploiement des réseaux.
C'est ce que nous appelons les " structures passives
" pour des raisons de sécurité étant
donné qu 'elles se situent sur le territoire togolais.
Leurs domaines concernent essentiellement la société
civile
La structure structures passives sont sous l'autorité
du Conseil.
4. L'orientation des cadres.
Afin de prévoir les compétences dont nous aurons
besoin - et partant du fait que nul ne peut mettre uvre
nos idées, sinon nous mêmes -, les études,
formations et orientations professionnelles des membres doivent
tenir compte de notre objectif final.
IV. LA RENCONTRE DU 03 AOUT 1997
Le 03 Août 1997 s'est tenue à Paris la rencontre
de la " refondation " des Mouvements de JB..
Les fondateurs dont certains se sont faits représentés
ont, adhéré aux Principes du Mouvement, accepté
les modalités de la réorganisation et la mise
en place de la Coordination, organe provisoire de direction
avec pour mandat la mise en place des structures et réseaux
ainsi que l'organisation du 1er Congrès.
Le document de travail de cette rencontre est le Mémorandum
du 12 avril 1997, document confidentiel, dont les grandes
lignes sont néanmoins insérées dans les
présents textes.
En Octobre 1997 démarre la " Note d'Information
Confidentielle ".
En Avril 1998 a lieu le 1er Congrès de BATIR LE TOGO
à Paris.
Fait à Paris le 05 Octobre 2001
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