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ORIGINES

 

LE MEMORANDUM DE 1997

 

Depuis 1963, un régime dictatorial maintient le Togo sous sa coupe et tentera à deux (2) reprise, 1980 et 1993, de se légitimer.
Plusieurs tentatives de forces démocratiques connues à ce jour n'ont pu y mettre fin. Néanmoins, dès 1989, des jeunes uniront leurs forces pour ébranler ce système et tenter de jeter les bases d'une société démocratique au Togo.
En 1991, nous avons senti la nécessité de regrouper nos forces à travers nos associations, pour combattre la dictature au Togo.
" L'opération Liberté " lancée le 13 mars 1991 par le Collectif des Mouvements Etudiants composé du GRAD, du MELD, de l’OULD, puis plus tard du FELD (1) , et le Groupe " J.B. "(2) nous permettra de jeter les bases d'un processus démocratique et de récolter les prémices d'une société nouvelle au Togo à savoir :
- la libéralisation de la vie politique avec l'autorisation des partis politiques;
- l'amnistie politique pour les exilés ;
- l'organisation de la Conférence nationale ;
- l'autonomie de l'Université du Bénin au Togo.
Et si aujourd'hui, nous tirons fierté de cette époque, nous ne devons pas perdre de vue que cette réussite était due, certes à notre sens de l'organisation et à notre sens de responsabilité, mais aussi et surtout à notre fidélité à un idéal, à notre fraternité et à notre cohésion autour de leaders de fait, Dégli Jean et Logo Hilaire assistés de Lawson-Helu Jacob, Folly Bertin et Yovodévi Firmin.
Malheureusement, dès 1992, les limites de cette action se feront sentir et ce, malgré l'avènement des partis politiques.
Paradoxalement, avec l'avènement des partis politiques, notre cohésion vole en éclats entraînant des susceptibilités au sein du Groupe.
Dès lors, un pôle se crée autour de Jean Dégli et un autre autour de Logo Hilaire, tandis que d'autres encore partagés préfèreront se mettre en retrait.
Depuis cette époque, par ressentiment et par manque de volonté, notre Groupe perdra sa force et indirectement contribuera au clivage de l'opposition.
Ainsi à partir de 1992, s'est alors posée la question de savoir pourquoi le processus togolais a été un échec et quelle alternative choisir ? A cette interrogation s'est attelé un groupe de Jeunes Togolais au Togo et en Europe.
Aujourd'hui, après six (6) ans d'expectative, nous nous demandons s'il ne faut pas nous réorganiser et reprendre la lutte.
Certes, on peut légitimement se demander pourquoi se réorganiser puisque les diverses tentatives ont toutes échouées, tels :
- " La Rencontre de Lokossa " au Bénin en Janvier 1993, organisée à l'initiative du GRAD, avec l'aide de nos camarades de lutte béninois du Mouvement pour une Alternative Populaire, le M.A.P., et, avec comme objectif la création d'une force démocratique de la jeunesse togolaise autour de Mr Logo D. Hilaire.
- Le mouvement " Objectif Démocratie " créé à Paris en France en 1994 ;
- Le mouvement " Action Commune pour le Togo " créé à Paris en France en 1996,  et membre fondateur de la Diastode Canada ;
- L’association Mouvement pour le Développement et la Liberté au Togo, "Model Togo", créée en Belgique en 1996, et dont l'objectif est de mettre en œuvre l'idée de la réorganisation de la lutte au Togo autour de la jeunesse en exil.

 

I. POURQUOI SE REORGANISER ? LE CONSTAT

 

Effectivement, on peut légitimement se demander pourquoi se réorganiser au lieu d'intégrer les partis politiques, et de là donner une nouvelle impulsion à notre lutte ? Et ce, d'autant que certains d'entre nous sont déjà membres de partis politiques ?

1 - L'Alternative.
En 1994, il existait une quarantaine de partis politiques dont les trois quart, 3/4, se réclament proches de l'opposition. Cette opposition elle même est représentée en partie à l'Assemblée Nationale. Dès lors, nous pouvions à l'époque opter pour l'intégration à l'opposition parlementaire ou intégrer l'opposition extra parlementaire.
Nous pouvions aussi créer une nouvelle dynamique de groupe en réorganisant nos bases et nos réseaux pour une plus large sensibilisation tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Togo.

 

2 - Le choix.
D'une part, intégrer un parti politique suppose une cohérence et une dynamique de groupe propre. Ce qui n'était plus notre cas.
Nous comptons en effet dans nos rangs des militants de partis différents. En outre, ces personnes sont sous l'influence directe des responsables de ces partis. Dès lors, à quel parti intégrer le Groupe ?
Par ailleurs, les partis politiques Togolais n'ont aucune idéologie qui puisse les différencier les uns des autres. Ils sont restés, dans la pratique, au stade d'organisations de contestation et/ou d'opposition pure et simple à un régime dictatorial.
Alors, sur quelle base objective pourrions-nous opérer cette intégration ?
D'autre part, le seul groupe fédérateur que nous ayons pu constituer est le « GROUPE JB » en crise depuis avril 1991, à cause de querelles exacerbées par des influences extérieures. Pourtant, nous sommes animés par une volonté de réussir ; d'où notre choix : poser clairement et réaffirmer dès maintenant les principes qui nous ont toujours réunis et qui constitueront les bases d'un engagement nouveau pour Tous.
Notre constat étant clai,r depuis les échecs successifs « de Lokossa, de Paris et de Bruxelles », que ; non seulement les partis politiques, principaux responsables de la démobilisation de la Jeunesse Togolaise, n'ont pas intérêt à ce que cette Jeunesse s'organise et dégage ses leaders, mais aussi, que si nous mêmes ne faisons pas l'effort de couper le lien vicieux tissé avec les partis politiques, nous encourons le risque d'un nouvel échec.

 

II. COMMENT SE REORGANISER OU LES BASES DE NOTRE ENGAGEMENT

 

Il s'agit des bases minimales autour desquelles s'axe notre adhésion individuelle.
. La détermination des forces militantes (la rencontre du 03 Août 1997 à Paris).
. Notre objectif .
. Les principes (Le Code de Conduite).
. La détermination de notre ligne idéologique (Le Manifeste).
. Le cadre (Les Statuts).
. Le financement.
. Un leader dégagé.

 

1. La détermination des forces militantes.
Ce sont les femmes et les hommes qui adhèrent à nos principes et prennent l'engagement de tout mettre en œuvre pour donner une nouvelle impulsion à notre lutte, et animer les structures du mouvement. Ces femmes et ces hommes sont, aussi bien des camarades de lutte que, des personnes ayant fait leur preuve dès 1990, et qui sont restées fidèles à nos principes.
D'autres personnes encore pourront adhérer à nos principes si elles remplissent les conditions requises, et si elles sont parrainées.
Une rencontre, celle du 03 Août 1997 à Paris, permet de déterminer, sur base de leur engagement personnel et individuel, les forces militantes.
Ceux qui ne partagent plus nos convictions se sont abstenus de participer à cette rencontre et, dès lors, ne participeront plus à nos actions futures.

2. Nos principes.
Nos principes sont les suivants :
- La fidélité qui suppose la soumission au Mouvement et à son Autorité. Elle doit partir du principe selon lequel, nul ne peut servir deux (2) intérêts à la fois, c'est à dire partager nos convictions et celles d'un parti politique.
- La cohésion qui suppose le respect des textes de base et de nos principes.
- La fraternité qui suppose la sincérité, l'honnêteté et la solidarité entre tous les membres.
Ces principes font partie intégrante d'un code de conduite assorti de sanctions.
Ils constituent un des critères d'adhésion à notre Mouvement.

3. Notre objectif.
Créer et garantir les conditions d'une évolution sociale, économique et culturelle des populations togolaises en contribuant à l'instauration d'un Etat de droit au Togo ou en l'instaurant, par la prise de contrôle des institutions afin de donner l'impulsion nécessaire à la réalisation de l'objectif final.
Cela se réalisera aussi par la garantie de l'exercice des libertés fondamentales, et le bon fonctionnement des institutions dans le respect des lois de la République.

4. Déterminer notre ligne idéologique.
Il s'agit de rationaliser notre lutte en lui donnant les bases objectives d'une ligne politique, soubassement idéologique de notre lutte. Cette ligne sera notre référence, et une des bases de notre cohésion interne. Elle est contenue dans Le Manifeste de BATIR LE TOGO.

5. Le cadre.
- La base : une moyenne de 3 à 5 personnes par pays suffit pour créer une structure. La qualité et l'efficacité doivent primer sur le nombre.
- Les structures : sont constituées d'associations (de type loi française de 1901) ayant une personnalité juridique dans chaque pays. Cependant, les statuts et règlement intérieur sont harmonisés afin que ces textes soient identiques pour toutes les structures.
- Le fonctionnement : Le consensus doit primer dans les prises de décision au sein des directoires car, les structures sont des " associations fermées " ouvertes, dans un premier temps, à peu de personnes. Les membres partageant les mêmes convictions, un minimum d'accord est nécessaire pour la célérité des actions à mener, et des décisions ordinaires à prendre.
Les décisions politiques et prises de position se feront par le Conseil Exécutif au nom de toutes les structures quelle que soit la langue de travail de celles-ci et leur autonomie.
- La coordination des structures : est assurée par le Conseil, organe de direction du Mouvement. Ce Conseil est issu d'une fédération des directoires de structures, du Groupe de pression et de Commissions spécialisées.
- Le Congrès : est l'organe suprême de prise de décisions. Il regroupe toutes les structures et éventuellement les réseaux.

6. Le financement.
Les ressources du Mouvement proviennent de contributions forfaitaires, de subventions dont la provenance peut être confidentielle mais pas anonyme.
Le Conseil veillera, en vertu des Statuts, du Manifeste et du Code de Conduite, à ne susciter aucune subvention préjudiciable au Mouvement.

7. Dégager à terme un leader.
Le leader sera " le tremplin ou l'obstacle ". Le tremplin parce qu'il sera le rassembleur, le garant de la cohésion du Mouvement et celui qui devra se préparer matériellement, psychologiquement et spirituellement pour faire aboutir notre lutte.
Néanmoins et dans un premier temps, il s'est avéré plus important de mettre sur pied les structures et la configuration des réseaux et, ensuite désigner au cours du Congrès, le Conseil Exécutif qui désignera ce Leader.

 

III. PERSPECTIVES DE MISE EN ŒUVRE

 

1. La sensibilisation et la responsabilisation des membres.
L'un des objectifs du Conseil est d'assurer la sensibilisation permanente des membres. Un support confidentiel, " La Note d'Information ", est éditée à cet effet par le Conseil et sert de cadre de débat pour les dirigeants du Mouvement.
D'autre part, le Conseil assure le contrôle des structures et la participation des membres à la vie du Mouvement, et ce, à tous les niveaux selon le principe de fractionnement des responsabilités.

2. La spécialisation des structures.
Afin d'éviter un gaspillage des énergies et des moyens, chaque structure a une fonction spécifique: elle est spécialisée dans un domaine unique.
Ce qui aurait pour avantage de tenir compte du facteur géographique permettant la célérité dans le traitement et l'analyse des dossiers. Les grands domaines sont les :
- Droits Humains et Libertés ;
- Affaires sociales ;
- Affaires économiques et la problématique du développement.

3. Le déploiement des réseaux.
C'est ce que nous appelons  aussi les " structures passives " pour des raisons de sécurité étant donné qu 'elles se situent sur le territoire togolais.
Leurs domaines concernent essentiellement la société civile…
Les structures passives sont sous l'autorité du Conseil.

4. L'orientation des cadres.
Afin de prévoir les compétences dont nous aurons besoin - et partant du fait que nul ne peut mettre œuvre nos idées, sinon nous mêmes -, les études, formations et orientations professionnelles des membres doivent tenir compte de notre objectif final.

 

IV. LA RENCONTRE DU 03 AOUT 1997

Le 03 Août 1997 s'est tenue à Paris en France la rencontre de la " re fondation " des Mouvements du « Groupe JB ».
Les fondateurs, dont certains se sont faits représentés, ont adhéré aux Principes du Mouvement, accepté les modalités de la réorganisation et la mise en place de la Coordination, organe provisoire de direction avec pour mandat la mise en place des structures et réseaux ainsi que l'organisation du 1er Congrès.
Le document de travail de cette rencontre est le Mémorandum du 12 avril 1997, document confidentiel, dont les grandes lignes sont néanmoins insérées dans les présents textes.
En Octobre 1997 démarre la " Note d'Information Confidentielle ".
En Avril 1998 a lieu le 1er Congrès de BATIR LE TOGO à Paris.

 

Fait à Paris, le 05 Octobre 2001
(Mise à jour le 05 Octobre 2006)

 

 


Notes:

(1) Groupe de Réflexion et d’Action des jeunes pour la Démocratie
Mouvement Estudiantin de Lutte pour la Démocratie
Organisation Universitaire de Lutte pour la Démocratie au Togo
Front des Etudiants en Lutte pour la Démocratie [Retour]

(2)Le Groupe « Jean Baptiste » était composé de : MM. Aboly K. Paulin, Agode Roger, Attivor K. Johnny, Davi Vincent, Dégli Y. Jean, Doglo A. Tino, Folly K. Bertin, Houmey N. Spéro, Lawson Helu T. Jacob, Logo D. Hilaire, Sokpoh V. Jonas, Yovodévi T. Firmin. Le « Groupe JB » s’est ensuite appuyé sur le GRAD, le MELD, l’OULD et le Cercle des Jeunes Filles Démocrates, CJFD, pour mettre en œuvre son objectif. [Retour]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
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