|
BATIR LE TOGO constate l'enlisement des négociations
initiées avec Eyadèma dans la résolution
de la crise ivoirienne.
Dans cette crise, un cessez le feu a été obtenu
sous l'égide de la médiation du Président
sénégalais Mr Wade.
Mais, Eyadèma s'est arrangé pour " s'approprier
le parrainage " de la médiation. Cette usurpation
est acceptée par les deux parties, le régime
Gbagbo et le MPCI.
Une fois de plus, Eyadèma tente de se positionner
comme le " faiseur " de paix mais, son objectif
premier était de détourner l'attention de l'opinion
sur le simulacre électoral organisé le 27 octobre
au Togo. Est-ce par hasard si les négociations ont
été annoncées pour le 30 octobre alors
qu'en chef d'Etat respectueux de la souveraineté de
son pays, n'aurait-il pas fallu attendre la fin du processus
électoral togolais, au cas où s'en aurait été
un, pour se lancer dans une " aventure conciliatrice
et moralisatrice ". Mais tel ne fut pas le cas.
BATIR LE TOGO ne peut donc qu'interpeller le MPCI car, il
ne comprend pas comment un mouvement qui se réclame
des principes démocratiques puissent se plier à
la volonté d'un dictateur.
BATIR LE TOGO interpelle aussi le Président Gbagbo,
ancien opposant de feu Houphouet, camarade du professeur Gnininvi
de la CDPA à l'International Socialisme et, grand sympathisant
du MO5, qui apparemment volontiers, se plie au diktat du dictateur
de Lomé II. A moins qu'il n'en partage les mêmes
intérêts.
BATIR LE TOGO en appelle à la sagesse des 2 parties
dans l'intérêt de leur pays et, afin de préserver
la longue amitié entre les Peuples Togolais et Ivoirien,
de se désolidariser de ce Monsieur en lunettes noires
faiseur de paix sous d'autres cieux alors que chez lui, le
pendant du MPCI, la JCLT est aux aguets.
BATIR LE TOGO met l'accent sur le fait que, le choix de Eyadema
comme médiateur était nécessairement
de nature à vicier les négociations.
En effet, le dictateur du Togo est dans une situation pire
que celle de Gbagbo, vis a vis de l'opposition politique dans
son pays.
Le dictateur du Togo se réclame d'élection dont
les résultats ont été usurpés.
Il a réussi à imposer à l'opposition
une reconnaissance de fait, régularisée par
l'Accord Cadre de Lomé (ACL) de 1999.
Le dictateur du Togo dénie au Peuple et à l'opposition
politique, toute liberté d'expression ou de circulation
sur le territoire national. Les manifestations de l'opposition
sont interdites ou brutalement réprimées, et
ce, de manière systématique. Les medias publics
sont monopolisés par son parti, le RPT.
Le dictateur du Togo continue de changer les institutions
avec pour objectif final, l'assurance et la garantie qu'aucun
candidat sérieux de l'opposition ne puisse se présenter
contre lui aux élections et ce, afin de se maintenir
au pouvoir.
Ainsi, BATIR LE TOGO demande aux deux (2) parties de s'interroger
sur la cause de la manifestation du samedi 09 novembre 2002
à Lomé et qui, a été sauvagement
réprimée.
Pour Eyadema, voir aboutir la négociation du MPCI
serait, en fait, reconnaître sa propre turpitude.
Il ne serait d'ailleurs pas exagéré de croire
qu'Eyadema ait conseillé à Gbagbo de tenir fermement
sur sa position en usant de propositions dilatoires pour faire
traîner les discussions. Ce qui lui permettrait de se
réorganiser avec l'aide des mercenaires d'Executive
Outcomes, tandis que lui (Eyadema) tenterait de persuader
les rebelles de faire comme l'opposition togolaise: déposer
les armes sans avoir rien obtenu comme revendication ou, du
moins comme protections institutionnelles. Ils pourraient
ainsi être arrêtés les uns après
les autres sous des prétextes fallacieux
Les manigances et le ridicule du dictateur de Lomé
II aux yeux de l'opinion internationale actuellement rivée
sur la Côte d'Ivoire (cette opinion internationale
étant connue pour son désintéressement
sur le sort des pays où des groupes armés ne
s'affrontent pas à une grande échelle), doivent
être portés au grand jour par la remise en cause
même de cette " médiation d'Eyadèma
".
Certes, remettre en cause la médiation de Eyadema n'équivaudrait
pas à refuser de négocier mais, à poser
un acte fort de re affirmation des principes démocratiques
qui sous tendent les actions du MPCI.
Fait à Paris le 22 Novembre 2002.
Pour le Conseil Exécutif
Noviti-Spéro HOUMEY
Secrétaire Général
|