Togo Batir Le Togo Africa


DECLARATION DE WEIDEN


(Assemblée Générale des 30 et 31 juillet 1999)

L'assassinat du premier Président démocratiquement élu en Janvier 1963 et la prise du pouvoir politique par les militaires avec, à leur tête le Général Eyadéma, ont propulsé le Togo dans un système militaro-dictatorial.

Ce système monolithique et dictatorial, qui a annihilé les principales libertés individuelles et publiques, confisqué toutes les richesses du pays et développé le culte de la médiocrité à travers le clientélisme et la corruption, règne sur la terre de nos aïeux depuis des décennies.

Les élections à 99,99% de voix par lesquelles Eyadéma se plébiscitait durant toutes ces années, ont ridiculisé tout un peuple fatigué de ce genre de situation.

Au début des années 90, le vent de démocratisation qui a soufflé sur les pays africains a crée chez les Togolais, l'espoir d'un changement.

Malheureusement, cette grande espérance de la naissance d'un Etat de droit au Togo fut vite déçue à la suite d'une transition démocratique transformée en désastre sur les plans économique, social, politique, des droits de l'homme et des libertés.

Toutefois, loin de se décourager, le peuple décida une fois encore, de se mobiliser. C'est ainsi que le 21 juin 1998, tout comme il a fait face au colonisateur en 1958, le Peuple togolais s'est massivement mobilisé pour se saisir de la chance que lui offraient les urnes pour mettre fin a la dictature. Une fois encore, le Sergent Général refusa de laisser cette volonté populaire se traduire dans la réalité. Il confisqua ainsi la victoire du Peuple en se proclamant vainqueur avec la complicité coupable de la Cour Constitutionnelle.

Considérant que les résultats de cette élection ne reflètent aucunement la volonté populaire;

Considérant que ce hold-up électoral a entraîné le maintien de la suspension de l'aide économique de l'Union Européenne, des Etats-Unis et du Canada, ce qui a amplifié énormément la souffrance du peuple Togolais;

Considérant que la dictature togolaise reste et demeure sourde á toute alternative démocratique et a toute voie de négociation;

Considérant que suite à beaucoup de pression de la part de la communauté internationale qui a exigé des négociations entre l'opposition et le pouvoir en place, des accords viennent d'être conclus entre le régime dictatorial et une partie de l'opposition, accord dont les termes prévoient l'adoption rapide d'un statut des anciens chefs d'Etat et anciens dirigeants politiques afin de blanchir l'éternel usurpateur togolais;

Craignant que le régime n'ait accepté de négocier que dans le but d'amadouer la communauté internationale pour obtenir le déblocage des aides économiques;

Craignant que les clauses de cet énième accord par lequel le dictateur vient, en fait, de flouer une fois encore le Peuple togolais qui accepterait par ce fait l'usurpation de sa victoire aux élections présidentielles de juin 1998 par un homme connu pour son manque de bonne foi ne soient respectées;

Prenant acte de la volonté du Général Eyadéma de ne pas modifier la Constitution pour se présenter aux élections présidentielles en 2003 et de dissoudre l'assemblée monolithique actuelle pour organiser des élections législatives plus transparentes avec la participation de l'opposition;

Mais considérant dune part que le problème togolais se pose non en terme de prochaines élections présidentielles mais en celui de la transparence des élections de 1998 et de la légitimité de l'actuel mandat présidentiel;

Considérant d'autre part que Bâtir le Togo ne voit pas comment le Peuple togolais peut participer démocratiquement à des élections législatives lorsque l'on sait que Eyadema et son système empêcheront tout candidat de faire sa campagne dans les régions septentrionales du Togo qu'ils considèrent comme leur chasse gardée;

Considérant que lors des élections présidentielles de 1998, l'opposition -malgré l'assistance de l'Union Européenne- n'est pas parvenue à régler ce problème de verrouillage dune partie du territoire par le RPT et son chef;

Constatant la volonté du régime de continuer à régner par la terreur;

Considérant que ces violations graves et répétées des droits de l'homme obligent encore les citoyens togolais à errer sans pouvoir rentrer au bercail;

Considérant que le retour des réfugiés et exilés politiques dans leur pays constitue pour ceux-ci un droit inaliénable et non négociable;

Considérant que les derniers accords signés par une partie de l'opposition togolaise avec le Général Eyadema ne semblent avoir propose aucune solution adéquate pour ce problème des réfugiés politiques;

Lançons un appel solennel à tous les Togolais pour qu'ils redoublent de vigilance afin d'obtenir une victoire réelle définitive sur les forces du mal;
Invitons les responsables des partis politiques membres aux récents accords a taire leurs sempiternelles divergences et a ouvrir enfin les yeux afin de ne plus se laisser flouer comme par le passé;

Invitons spécialement la jeunesse à une prise de conscience plus aiguë du mal togolais et à une participation plus active en vue d'éradiquer totalement et définitivement la dictature pour l'instauration d'une vraie démocratie au Togo.

Sollicitons de la part des autorités des pays d'accueil des réfugiés togolais en général et de l'Allemagne en particulier une moratoire afin de permettre aux Togolais de s'organiser pour rentrer chez eux sans crainte pour leur vie et leur sécurité ou de trouver des terres d'accueil autre que le Togo.

Fait à Weiden le 31 Juillet 1999
Le Congres


 

 

 

 

 

 

 
 
 

Copyright © 2002 Batir Le Togo. All rights reserved
Information: info@batirletogo.org, webmaster@batirletogo.org