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L'assassinat du premier Président démocratiquement
élu en Janvier 1963 et la prise du pouvoir politique
par les militaires avec, à leur tête le Général
Eyadéma, ont propulsé le Togo dans un système
militaro-dictatorial.
Ce système monolithique et dictatorial, qui a annihilé
les principales libertés individuelles et publiques,
confisqué toutes les richesses du pays et développé
le culte de la médiocrité à travers le
clientélisme et la corruption, règne sur la
terre de nos aïeux depuis des décennies.
Les élections à 99,99% de voix par lesquelles
Eyadéma se plébiscitait durant toutes ces années,
ont ridiculisé tout un peuple fatigué de ce
genre de situation.
Au début des années 90, le vent de démocratisation
qui a soufflé sur les pays africains a crée
chez les Togolais, l'espoir d'un changement.
Malheureusement, cette grande espérance de la naissance
d'un Etat de droit au Togo fut vite déçue à
la suite d'une transition démocratique transformée
en désastre sur les plans économique, social,
politique, des droits de l'homme et des libertés.
Toutefois, loin de se décourager, le peuple décida
une fois encore, de se mobiliser. C'est ainsi que le 21 juin
1998, tout comme il a fait face au colonisateur en 1958, le
Peuple togolais s'est massivement mobilisé pour se
saisir de la chance que lui offraient les urnes pour mettre
fin a la dictature. Une fois encore, le Sergent Général
refusa de laisser cette volonté populaire se traduire
dans la réalité. Il confisqua ainsi la victoire
du Peuple en se proclamant vainqueur avec la complicité
coupable de la Cour Constitutionnelle.
Considérant que les résultats de cette élection
ne reflètent aucunement la volonté populaire;
Considérant que ce hold-up électoral a entraîné
le maintien de la suspension de l'aide économique de
l'Union Européenne, des Etats-Unis et du Canada, ce
qui a amplifié énormément la souffrance
du peuple Togolais;
Considérant que la dictature togolaise reste et demeure
sourde á toute alternative démocratique et a
toute voie de négociation;
Considérant que suite à beaucoup de pression
de la part de la communauté internationale qui a exigé
des négociations entre l'opposition et le pouvoir en
place, des accords viennent d'être conclus entre le
régime dictatorial et une partie de l'opposition, accord
dont les termes prévoient l'adoption rapide d'un statut
des anciens chefs d'Etat et anciens dirigeants politiques
afin de blanchir l'éternel usurpateur togolais;
Craignant que le régime n'ait accepté de négocier
que dans le but d'amadouer la communauté internationale
pour obtenir le déblocage des aides économiques;
Craignant que les clauses de cet énième accord
par lequel le dictateur vient, en fait, de flouer une fois
encore le Peuple togolais qui accepterait par ce fait l'usurpation
de sa victoire aux élections présidentielles
de juin 1998 par un homme connu pour son manque de bonne foi
ne soient respectées;
Prenant acte de la volonté du Général
Eyadéma de ne pas modifier la Constitution pour se
présenter aux élections présidentielles
en 2003 et de dissoudre l'assemblée monolithique actuelle
pour organiser des élections législatives plus
transparentes avec la participation de l'opposition;
Mais considérant dune part que le problème
togolais se pose non en terme de prochaines élections
présidentielles mais en celui de la transparence des
élections de 1998 et de la légitimité
de l'actuel mandat présidentiel;
Considérant d'autre part que Bâtir le Togo ne
voit pas comment le Peuple togolais peut participer démocratiquement
à des élections législatives lorsque
l'on sait que Eyadema et son système empêcheront
tout candidat de faire sa campagne dans les régions
septentrionales du Togo qu'ils considèrent comme leur
chasse gardée;
Considérant que lors des élections présidentielles
de 1998, l'opposition -malgré l'assistance de l'Union
Européenne- n'est pas parvenue à régler
ce problème de verrouillage dune partie du territoire
par le RPT et son chef;
Constatant la volonté du régime de continuer
à régner par la terreur;
Considérant que ces violations graves et répétées
des droits de l'homme obligent encore les citoyens togolais
à errer sans pouvoir rentrer au bercail;
Considérant que le retour des réfugiés
et exilés politiques dans leur pays constitue pour
ceux-ci un droit inaliénable et non négociable;
Considérant que les derniers accords signés
par une partie de l'opposition togolaise avec le Général
Eyadema ne semblent avoir propose aucune solution adéquate
pour ce problème des réfugiés politiques;
Lançons un appel solennel à tous les Togolais
pour qu'ils redoublent de vigilance afin d'obtenir une victoire
réelle définitive sur les forces du mal;
Invitons les responsables des partis politiques membres aux
récents accords a taire leurs sempiternelles divergences
et a ouvrir enfin les yeux afin de ne plus se laisser flouer
comme par le passé;
Invitons spécialement la jeunesse à une prise
de conscience plus aiguë du mal togolais et à
une participation plus active en vue d'éradiquer totalement
et définitivement la dictature pour l'instauration
d'une vraie démocratie au Togo.
Sollicitons de la part des autorités des pays d'accueil
des réfugiés togolais en général
et de l'Allemagne en particulier une moratoire afin de permettre
aux Togolais de s'organiser pour rentrer chez eux sans crainte
pour leur vie et leur sécurité ou de trouver
des terres d'accueil autre que le Togo.
Fait à Weiden le 31 Juillet 1999
Le Congres
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