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Le vendredi 22 avril 2005, tôt dans la matinée,
BATIR LE TOGO a été informé de l'appel
solennel du Ministre de l'Intérieur Mr François
Esso BOKO, relatif au report de l'élection anticipée
du 24 avril 2005.
BÂTIR LE TOGO se félicite de ce que le Ministre
François Esso BOKO, pris enfin par un sursaut de patriotisme
digne de la jeunesse togolaise, n'ait pas voulu prolonger
la souffrance du peuple togolais et s'est enfin désolidarisé
de ceux qui tentent de plonger notre pays dans une situation
suicidaire ;
BÂTIR LE TOGO regrette qu'en réaction à
cet appel, le Président de la République par
intérim Abass BONFOH ait préféré
limoger le Ministre de l'intérieur alors que lui-même
aurait pu saisir cette occasion pour poser un acte historique
en sauvant le pays du chaos qui le menace.
A ce titre, BÂTIR LE TOGO tient le Président
par intérim pour totalement et entièrement responsable
de tout ce qui pourra advenir comme catastrophe, morts d'hommes
ou violences suite à ces élections du 24 avril
2005 ;
BÂTIR LE TOGO s'étonne par ailleurs des propos
du Président en exercice de la CEDEAO, Monsieur TANDJA
Mamadou, qui qualifie d'irresponsable l'initiative du Ministre
de l'intérieur François BOKO, alors même
que c'est ce dernier qui, en tant que maillon principal de
la préparation des élections, connaît
mieux que quiconque la situation du Togo et les dangers courus
par la " Terre de Nos Aïeux ", qu'il a appréciés
à leur juste valeur avant de faire cette déclaration
courageuse et historique ;
BÂTIR LE TOGO s'étonne d'autant plus de cette
prise de position, de la part du Président en exercice
de la CEDEAO, que cette organisation sous régionale
a été plusieurs fois prise à témoin
par la coalition de l'opposition pour les nombreux dérapages
qui ont émaillé la préparation des élections
sans bénéficier de l'oreille attentive de ses
représentants ;
BÂTIR LE TOGO tient à rappeler au Président
en exercice de la CEDEAO que les Togolais sont aussi désireux
que les citoyens nigériens de connaître la fin
de la dictature et des élections transparentes dans
les mêmes conditions que celles qui l'ont conduit lui-même
à présider aujourd'hui aux destinées
de son pays ;
Elle espère que les informations qu'elle a reçues,
et selon lesquelles la CEDEAO a été appelée
à la rescousse par certaines chefs d'Etats occidentaux
pour empêcher l'Union Africaine, le Président
OBASANJO, la Commission Africaine et le Président KONARE,
la Francophonie et l'ancien Président Abdou DIOUF d'intervenir
pour aider les Togolais et faciliter par leur silence l'installation
au pouvoir du fils EYADEMA afin de faire un nouvel exemple
en Afrique, ne se révélera pas exact ;
A défaut, la CEDEAO mais aussi le Niger et son Président
auront contribué à faire sombrer un pays ami
dans un chaos dont ils devront accepter un jour de s'expliquer
;
BÂTIR LE TOGO rappelle à la CEDEAO que le Togo
ne souhaiterait devenir ni un nouveau Libéria, ni la
Côte d'ivoire, ni la Sierra Leone dont l'organisation
sous régionale n'a pas encore fini de régler
les conflits ;
La déclaration du Ministre de l'intérieur vient
une nouvelle fois conforter BÂTIR LE TOGO dans la position
que si des élections doivent être nécessairement
tenues, il convient de les reporter à une date ultérieure
décidée d'un commun accord par le pouvoir et
l'opposition afin de les tenir dans un cadre consensuel et
apaisé, et en tant qu'aboutissement d'une transition
qui doit permettre une réconciliation franche et sincère
des Togolais ;
BÂTIR LE TOGO s'étonne, face à la réalité
clairement décrite par le Ministre de l'intérieur,
de l'obstination de la Coalition des partis de l'opposition
à vouloir absolument participer à ce scrutin
dénoncé par une partie de l'armée togolaise
et du RPT lui-même ;
Il espère que la coalition dispose des moyens pour
éviter que le nouveau sursaut de patriotisme manifesté
par le peuple togolais se termine une fois encore en effort
inutile, en une victoire contestée, bref en désillusion
pour un peuple qui en a assez de se laisser piétiner
;
BÂTIR LE TOGO qui condamne la tenue de consultations
populaires anticipées sans préparation, et dans
l'opacité absolue, saisit l'occasion pour féliciter
les rares organisations de lutte populaire, qui jusqu'à
présent se sont associées à sa position.
En ce qui concerne ceux qui, sans même attendre le
résultat du scrutin, rasent déjà les
murs pour aller demander à Faure GNASINGBE, la formation
d'un " gouvernement de large union ", après
sa victoire, BÂTIR LE TOGO souhaite les mettre solennellement
en garde contre toute collusion avec les forces rétrogrades
pour faire perdre au peuple togolais le bénéfice
de sa lutte contre ceux qui tiennent le Togo sous leur joug
depuis 40 ans ;
Enfin, BÂTIR LE TOGO en appelle à toutes les
organisations des Droits de l'Homme, à la Fédération
Internationale des Droits de l'Homme, à Amnesty International,
à l'Union Interafricaine des Droits de l'Homme, à
l'ONU, à l'Union Africaine afin de tout faire pour
garantir la sécurité du Ministre François
BOKO, de toute sa famille et de tous ses proches parmi lesquels
les gendarmes de sa garde rapprochée qui ont été
arrêtés.
Fait à New York, le 22 avril 2005
Le Conseil Exécutif
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