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Le 05 août dernier quatre partis de lopposition
togolaise ont constitué un Front dans loptique,
visiblement, des prochains scrutins. Une tentative de plus,
ergotent certains. Dautres croient à un embryon
de véritable Front. peut-être à raison
! Quelques indices incitent à croire à un véritable
embryon de coalition. Le CAR et la CDPA qui nont jamais
flirté si ce nétait au temps du mythique
COD2 (Collectif de lOpposition Démocratique)
viennent de tordre le cou à cette triste et regrettable
tradition. LADDI, allié traditionnel de lUTD
puis de la CPP; vient contre toute attente dattraper
la fibre « Frontiste ».
Cependant, notre propos est moins délucubrer
sur lavenir immédiat du Front que de réfléchir
sur une vision globale de la dynamique unitaire dont lopposition
démocratique pourrait faire sienne le cas échéant.
Aussi, en partant du diagnostic établi par lActe
Constitutif du 05 août 2002, est-il aisé daboutir
à une conclusion quasi évidente: le peuple togolais
ne doit sa survie quà une union effective de
son opposition. Il sagit-là dune vérité
qui sentête depuis une décennie. «
Démocratie dabord, multipartisme après
! » ne cessait de scander le Professeur Gnininvi. Mais
vite surgissent des divergences notables lorsquil est
question darrêter les modalités devant
présider à cette union. En effet, les formations
politiques de lopposition sont unanimes à reconnaître
la nécessité dune alternance au pouvoir.
Mais encore faut-il quelles sentendent sur le
profil de la personnalité qui incarnera ce changement
au pinacle. Et cest précisément à
ce niveau que se situe notre contribution.
Il est vrai que la proposition que nous soumettons à
lopposition nest pas conçue ex nihilo.
Elle sest fortement inspirée de quelques exemples
épars répertoriés ici et là :
Nigeria, Bénin dans une moindre mesure, Sénégal,
Mali. Dans ces différents pays et toute proportion
gardée, il sétait constituée ponctuellement
une coalition dont lobjectif immédiat se résumait
à provoquer lalternance au sommet de lEtat.
Chez nous au Togo, le schéma est bien particulier:
une classe politique composite dévorée dambitions
personnelles très exacerbées, le tout dans une
atmosphère de suspicion généralisée
et sûrement entretenue à dessein. En somme, le
décor est planté pour vouer à léchec
toute velléité unitaire. Le sort connu par les
FOD et
COD successifs est encore vivace dans nos esprits. Et pourtant
,il faut bien sunir !
Tous les observateurs de la scène politique nationale
et non des moindres, Madeleine Mukamabano de Radio France
Internationale entre autres, saccordent hélas
à reconnaître que ce qui matérialise la
qualité de lopposition togolaise constitue en
même temps son talon dAchille: lenvergure
et une fierté consommée des leaders des partis.
Ainsi, pour contourner cet écueil, est-il opportun
dopérer une refondation de lopposition
démocratique. Le regroupement qui en résultera
divergera foncièrement de lactuel bloc balkanisé
qui se heurte tant bien que mal au camp du Général
EYADEMA.
Imaginons le scénario suivant : cette Coalition pour
lalternance, peu importe sa dénomination, aura
ceci de spécifique quil réunira tous ceux
que le jargon journalistique autorise à désigner
sous le vocable de « présidentiables ».
Pourront intégrer ce cercle huppé, Mrs Messan
Gnininvi, Edem KODJO, Yawovi AGBOYIBO, Zarifou AYEVA. Et Gilchrist
OLYMPIO me demanderiez-vous ? Jy viens !
Le Front populaire constitué sattachera à
attribuer aux leaders des responsabilités précises
et différenciées. Il serait même souhaitable
dassocier à cette nouvelle coalition les grandes
confession religieuses.
Soulignons cependant quil sera adjoint aux «présidentiables»
leurs principaux collaborateurs y compris ceux de M. Olympio.
Le premier sacrifice auquel devront consentir les «présidentiables»
sera paradoxalement de renoncer publiquement à briguer
la magistrature suprême relativement au prochain mandat.
Ils ne pourront également pas prétendre à
la primature.
En réalité, le premier ministère devra
être dévolu à un membre de la société
civile aux compétences et probité irréprochables.
Certes la pilule sera amère pour les «présidentiables»
et pourtant cest, me semble-t-il, la condition sine
qua non pour créer de nouveau lespoir parmi les
masses.
En contrepartie, la répartition des postes dits de
souveraineté ainsi que les autres portefeuilles du
gouvernement seffectuera de manière équitable
entre les partis de la coalition. Un accord de gouvernement
signé préalablement aux échéances
électorales devra entériner ce modus vivendi
politique.
Quant à Mr. Olympio, il sera le « champion »
de la nouvelle coalition. Son choix na rien de partisan
dans la mesure où lhonnêteté intellectuelle
et lobjectivité imposent de le reconnaître
en tout cas, au jour daujourdhui, comme celui
qui a été plébiscité lors des
dernières élections présidentielles nen
déplaise aux caciques du pouvoir actuel. Cela dit,
«loption OLYMPIO» nest pas péremptoire.
Il est loisible à lintéressé, après
analyse de certains impératifs et pesanteurs de renoncer
à sa candidature tout en suscitant un autre challenger
parmi ses pairs.
Enfin, lUnion sacrée ainsi constituée
aura pour mission primordiale denclencher la synergie
de groupe afin de se muer en machine électorale capable
dobtenir toutes les garanties pour lorganisation
dun scrutin juste, équitable et transparent.
En outre, elle sattellera à mettre un bémol
aux agitations et calculs politiciens avant et pendant la
durée du mandat du nouveau chef de lEtat élu.
Il y va de la survie même du tissu social Togolais.
Alors, Messieurs de lopposition, avec les évêques
du Togo, nous vous supplions dagir car « le moment
est grave ! »
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