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Contribution d’un citoyen au Congrès de BATIR LE TOGO

 

ALTERNANCE 2003 : QUEL SCHEMA UNITAIRE POUR L’OPPOSITION TOGOLAISE ?

(Lomé, le 15 /08/02 par José K. Missodey Juriste)

 

Le 05 août dernier quatre partis de l’opposition togolaise ont constitué un Front dans l’optique, visiblement, des prochains scrutins. Une tentative de plus, ergotent certains. D’autres croient à un embryon de véritable Front. peut-être à raison ! Quelques indices incitent à croire à un véritable embryon de coalition. Le CAR et la CDPA qui n’ont jamais flirté si ce n’était au temps du mythique COD2 (Collectif de l’Opposition Démocratique) viennent de tordre le cou à cette triste et regrettable tradition. L’ADDI, allié traditionnel de l’UTD puis de la CPP; vient contre toute attente d’attraper la fibre « Frontiste ».

Cependant, notre propos est moins d’élucubrer sur l’avenir immédiat du Front que de réfléchir sur une vision globale de la dynamique unitaire dont l’opposition démocratique pourrait faire sienne le cas échéant.

Aussi, en partant du diagnostic établi par l’Acte Constitutif du 05 août 2002, est-il aisé d’aboutir à une conclusion quasi évidente: le peuple togolais ne doit sa survie qu’à une union effective de son opposition. Il s’agit-là d’une vérité qui s’entête depuis une décennie. « Démocratie d’abord, multipartisme après ! » ne cessait de scander le Professeur Gnininvi. Mais vite surgissent des divergences notables lorsqu’il est question d’arrêter les modalités devant présider à cette union. En effet, les formations politiques de l’opposition sont unanimes à reconnaître la nécessité d’une alternance au pouvoir. Mais encore faut-il qu’elles s’entendent sur le profil de la personnalité qui incarnera ce changement au pinacle. Et c’est précisément à ce niveau que se situe notre contribution.

Il est vrai que la proposition que nous soumettons à l’opposition n’est pas conçue ex nihilo. Elle s’est fortement inspirée de quelques exemples épars répertoriés ici et là : Nigeria, Bénin dans une moindre mesure, Sénégal, Mali. Dans ces différents pays et toute proportion gardée, il s’était constituée ponctuellement une coalition dont l’objectif immédiat se résumait à provoquer l’alternance au sommet de l’Etat. Chez nous au Togo, le schéma est bien particulier: une classe politique composite dévorée d’ambitions personnelles très exacerbées, le tout dans une atmosphère de suspicion généralisée et sûrement entretenue à dessein. En somme, le décor est planté pour vouer à l’échec toute velléité unitaire. Le sort connu par les FOD et

COD successifs est encore vivace dans nos esprits. Et pourtant ,il faut bien s’unir !

Tous les observateurs de la scène politique nationale et non des moindres, Madeleine Mukamabano de Radio France Internationale entre autres, s’accordent hélas à reconnaître que ce qui matérialise la qualité de l’opposition togolaise constitue en même temps son talon d’Achille: l’envergure et une fierté consommée des leaders des partis.

Ainsi, pour contourner cet écueil, est-il opportun d’opérer une refondation de l’opposition démocratique. Le regroupement qui en résultera divergera foncièrement de l’actuel bloc balkanisé qui se heurte tant bien que mal au camp du Général EYADEMA.

Imaginons le scénario suivant : cette Coalition pour l’alternance, peu importe sa dénomination, aura ceci de spécifique qu’il réunira tous ceux que le jargon journalistique autorise à désigner sous le vocable de « présidentiables ». Pourront intégrer ce cercle huppé, Mrs Messan Gnininvi, Edem KODJO, Yawovi AGBOYIBO, Zarifou AYEVA. Et Gilchrist OLYMPIO me demanderiez-vous ? J’y viens !

Le Front populaire constitué s’attachera à attribuer aux leaders des responsabilités précises et différenciées. Il serait même souhaitable d’associer à cette nouvelle coalition les grandes confession religieuses.

Soulignons cependant qu’il sera adjoint aux «présidentiables» leurs principaux collaborateurs y compris ceux de M. Olympio. Le premier sacrifice auquel devront consentir les «présidentiables» sera paradoxalement de renoncer publiquement à briguer la magistrature suprême relativement au prochain mandat. Ils ne pourront également pas prétendre à la primature.

En réalité, le premier ministère devra être dévolu à un membre de la société civile aux compétences et probité irréprochables.

Certes la pilule sera amère pour les «présidentiables» et pourtant c’est, me semble-t-il, la condition sine qua non pour créer de nouveau l’espoir parmi les masses.

En contrepartie, la répartition des postes dits de souveraineté ainsi que les autres portefeuilles du gouvernement s’effectuera de manière équitable entre les partis de la coalition. Un accord de gouvernement signé préalablement aux échéances électorales devra entériner ce modus vivendi politique.

Quant à Mr. Olympio, il sera le « champion » de la nouvelle coalition. Son choix n’a rien de partisan dans la mesure où l’honnêteté intellectuelle et l’objectivité imposent de le reconnaître en tout cas, au jour d’aujourd’hui, comme celui qui a été plébiscité lors des dernières élections présidentielles n’en déplaise aux caciques du pouvoir actuel. Cela dit, «l’option OLYMPIO» n’est pas péremptoire. Il est loisible à l’intéressé, après analyse de certains impératifs et pesanteurs de renoncer à sa candidature tout en suscitant un autre challenger parmi ses pairs.

Enfin, l’Union sacrée ainsi constituée aura pour mission primordiale d’enclencher la synergie de groupe afin de se muer en machine électorale capable d’obtenir toutes les garanties pour l’organisation d’un scrutin juste, équitable et transparent.

En outre, elle s’attellera à mettre un bémol aux agitations et calculs politiciens avant et pendant la durée du mandat du nouveau chef de l’Etat élu. Il y va de la survie même du tissu social Togolais. Alors, Messieurs de l’opposition, avec les évêques du Togo, nous vous supplions d’agir car « le moment est grave ! »

 

 

 

 

 

 
 
 

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