|
TRAVAILLER EN FRANCE : LES TOGOLAIS DESORMAIS
SOUMIS A AUTORISATION ADMINISTRATIVE
(Par Missodey Kodjo, juriste)
La nouvelle était tombée dans une indifférence
quasi générale, tant de la part des autorités
françaises que des principaux intéressés.
Depuis le 21 décembre 2001, le Décret n°2001-1325
impose aux togolais désirant travailler sur le territoire
français de justifier d'une autorisation (permis
de travail) délivrée par le préfet
de département ou le directeur départemental
du travail et de l'emploi.
Il faut rappeler qu'avant décembre 2001,
les ressortissants togolais bénéficiaient d'un
régime particulier dans la mesure où, à
l'instar des Gabonais, ils étaient exemptés
de permis de travail. Dès lors le débat aujourd'hui
concerne moins l'opportunité de ce décret que
les effets qui s'y attachent.
Aussi est-il intéressant de se poser les questions
suivantes :
- qu'adviendra-t-il des immigrés togolais qui avant
2001 se trouvaient dans les liens d'un contrat de travail
à durée indéterminée, lequel contrat
est, au jour d'aujourd'hui, toujours en cours d'exécution
? Ce contrat est-il rompu de jure ? Quelles sont les conséquences
que pourrait engendrer un défaut de régularisation
pour le salarié ?
- qu'adviendra -t-il des contrats à durée déterminée
dont l'employeur souhaiterait prolonger la durée ?
- qu'en est-il du contrat des étudiants, en séjour
temporaire, titulaires d'un contrat de travail ?
A ces multiples interrogations, une réponse
constante doit être apportée. Un salarié
togolais dont le contrat se poursuit au-delà du 21
décembre 2001 est astreint, aux termes du décret,
à solliciter et à obtenir une autorisation de
travail. A défaut de cette formalité substantielle,
la convention est de fait résiliée. La sanction
est identique même si les stipulations de l'employeur
n'ont pas prévu cette cause d'annulation, le décret
n°2001-1325 étant d'ordre public.
On peut dès lors aisément imaginer
l'ampleur des conséquences dommageables pour l'individu
en cas de refus de délivrance de la précieuse
autorisation de travail. C'est pourquoi, nous proposerons,
entre autres, aux autorités françaises en charge
du travail et de l'emploi d'adresser des lettres circulaires
invitant les services de la main d'uvre étrangère
à traiter les dossiers de régularisation avec
une grande souplesse. Et cela ne serait qu'un simple respect
de l'alinéa 1 de l'article 11 de la Convention d'établissement
entre le gouvernement de la République française
et le gouvernement de la République togolaise signée
à Lomé le 13 juin 1996 qui édicte que
" chacune des parties contractantes accordera une considération
bienveillante à l'application des dispositions de la
présente convention
. " (in JORF n°302
du 29 déc. 2001, page 21297) .
Mais, il faut reconnaître que la solution
idoine serait de valider tous les contrats en cours par l'octroi
systématique ou automatique du permis de travail et
ce pendant une période déterminée.
Toutefois, en cas de rejet de la demande d'autorisation de
travail, il faudrait signaler que la décision défavorable
peut faire l'objet de plusieurs recours :
1/ hiérarchique à adresser
au ministre du travail (A Monsieur le Ministre des Affaires
Sociales, du Travail et de la Solidarité, Direction
de la Population et des Migrations, Bureau MD3, 10-16 rue
Brancion, 75725 PARIS cedex 15.)
2/ contentieux près le Tribunal
administratif territorialement compétent dans un délai
de deux (02) mois à compter de la notification du refus
ou bien à compter du rejet du recours hiérarchique,
si ce recours a été préalablement exercé.
En tout état de cause, La Lettre de la
Jeunesse Togolaise invite les compatriotes concernés
par la complexité de la situation nouvellement créée
par le fameux décret de 2001 à exposer leur
cas à : bltfrance@hotmail.com
ou info@batirletogo.org
|