Il est vraiment pénible, lorsque l'on est militant
d'un parti politique et que l'on veille à sa pérennité
sur le champ politique, de vivre ce qui apparaît clairement
et simplement comme une déperdition de la jeunesse
du parti.
Tout ceci peut sembler banal
On l'ignore et on finit
par tout oublier
Cela fait partie des traditions de groupe
Certes, ce genre de crise n'inquiète personne ! N'est-ce
pas l'U.F.C, le parti prédominant au TOGO ? Ce n'est
donc pas le départ de certains " nihilistes"
qui risque d'entacher l'éminence du parti sur le terrain.
Il est fort juste de faire remarquer, avant de poursuivre
la réflexion, que la chose politique nécessite
un apprentissage délicat et de longue haleine.
Naturellement, il n'y a d'apprentissage que lorsque l'on tire
les leçons des divers épisodes qui constituent
l'expérience d'une vie. Ne dit-on pas que l'expérience
est faite d'erreurs non renouvelées ?!!!
Cela dit, ce n'est donc point le départ d'une frange
de la jeunesse, qui n'est représentative que d'elle-même,
qui prête à réflexion. Mais plutôt,
la récurrence du phénomène dans le schéma
politique togolais, et ce, depuis bien longtemps.
Si nous nous penchons sur l'histoire depuis notre indépendance,
plusieurs cas de figure dans le genre, se sont fait visités
et revisités à foison. Tantôt pour ascension
individuelle, tantôt par regain d'autorité ;
parfois même pour " insatisfaction personnelle
".
L'un des précurseurs de cette déresponsabilisation
politique, puérilement exécrable, que je nommerai
volontiers, " valse arythmique ", n'est autre que
MIVEDOR, un subtil mélange de génie et de démon.
D'ancien proche du CUT, on sait ce qu'il est devenu : un fossoyeur
du TOGO.
Viendra ensuite LACLE, qui a même dû changer d'origine
ethnique pour pousser le ridicule à son summum.
Il y eut furtivement un nommé AGOUDAVI qui, resté
l'ombre de lui-même, est parti de nulle part (transfuge
du défunt UTD) pour aller nulle part (personne ne le
connaît au RPT).
KOFFIGOH n'échappe pas à la règle en
créant, pour " incompatibilité d'intérêts
entre partenaires ", la Convention des Forces Nouvelles
(CFN). Et ce n'est pas tout
Le " parti charnière ", à l'actif
de KODJO, n'a fait qu'intensifier en son temps, la nébulosité
de l'atmosphère politique togolaise.
Inimaginable il y a peu, c'est au tour de PERE de claquer
la porte du RPT derrière lui. Cela a fait sourire d'aucuns
tandis que d'autres s'en sont grandement méfiés.
On adhère à un parti pour autant qu'on est convaincu
d'y apporter quelque chose et non de vouloir y changer les
choses. Le must dans la mode, c'est qu'elle plaise à
la plupart ; autrement, cela crée un malaise.
Malheureusement, le changement d'environnement politique est
sans nul doute, l'une de ces maladies orphelines qui nuisent
sans qu'on y fasse attention. Il entraîne fatalement
un désintérêt de la chose politique.
Il n'est pas dit non plus qu'un nouveau groupe ne l'aurait
pas difficile à se faire un espace approprié
pour se débattre dans l'arène politique telle
qu'elle se présente en ce moment.
L'heure n'est donc pas à la démultiplication
des organisations anti-pouvoir. Il en existe déjà
tellement !!!
La crise actuelle au sein du parti relève plus de l'innocence,
voire de la naïveté que de la bêtise, me
semble-t-il. Il s'impose donc qu'une démarche critique
soit idoine pour en définir les approches aidant à
sa résolution.
Le staff directeur du Bureau National a-t-il été
suffisamment attentif aux espérances de la jeunesse
du parti ? La question ne se pose guère en termes de
" bon " ou " mauvais " dirigeant ou membre
de bureau, mais en termes d'efficacité et/ou de légitimité.
D'autre part, n'est-ce pas judicieux de se demander s'il n'y
pas une stagnation relative dans le fonctionnement structurel
du parti qui commencerait par devenir pesante ?
Par ailleurs, les perspectives d'avenir au sein du parti sont
autant d'incertitudes qui peuvent inciter à poser de
tels actes que l'on comparerait plus à une désolidarisation
qu'autre chose, comme il y va aujourd'hui à l'U.F.C.
L'accessibilité accordée aux apports multiples
et souvent risqués des différentes composantes
du parti constituent également des questionnements
légitimes sur lesquels il faudrait inévitablement
se pencher.
Une chose qui paraît non négligeable aussi, est
la marge de manuvre réservée aux responsables
des- Fédération, Arrondissement, Section et
Sous-section- éléments constitutifs de la structure
du parti, dans la gestion quotidienne et autonome de leurs
attributions.
Toutes ces interrogations sont pendantes ; à force,
c'est la question de l'intemporalité du parti, ou plus
simplement sa pérennité, qui va se poser.
L'ineptie de la jalousie de l'autre qui est un déterminant
non avoué de l'opinion togolaise, publique ou privée,
est un mal presque nécessaire qu'il n'est pas maladroit
de jauger de son incidence.
Cette opinion togolaise, victime de ses propres préjugés
et autres jugements de valeur, doit, et ce à juste
titre, s'inscrire dans le sens du respect de la chose établie
; le maître mot de la bonne éducation étant
le respect de l'establishment. N'est-ce pas même une
vertu ?
Cependant, il devient impérieux qu'un effort mutuel
soit consenti, et de la part des militants, et de la part
des dirigeants, afin que l'unité du parti ne soit pas
sujet à équivoque.
La flexibilité des uns et des autres s'avère
inéluctable dans le règlement de la crise, d'autant
plus que la popularité de l'U.F.C, comme il y va d'ailleurs
pour tout parti majoritaire dans un contexte géopolitique
défini, constitue la clé de son accession au
pouvoir.
Hier encore, la raison essentielle de la lutte contre le pouvoir
de Lomé II était le départ d'EYADEMA
pour l'installation d'une démocratie saine et durable
au TOGO. Si ça se trouve, on se retrouve aujourd'hui
dans quelque chose de plus en plus indéfinissable.
Résultat des courses : EYADEMA apparaît de moins
en moins amovible, et ce n'est pas du tout un constat laudatif
pour l'opposition. Le hasard et la bêtise humaine y
contribuent largement.
Mais, faut-il s'en réjouir ou en pleurer ?
Normalement, nous aurions pu avoir bien assimilé, depuis
les années 90, des notions élémentaires
que sont l'Etat, le Peuple, un Parti politique, etc... Des
notions qui font le fondement de la République, contour
structurel de la Nation togolaise dont nous nous réclamons
tous.
Il n'est sûrement pas trop tard pour faire le bien.
Alors, parce que la passion ne doit pas l'emporter sur la
raison, parce que la jeunesse d'un parti est la garantie de
sa relève, et enfin, parce que l'U.F.C doit continuer
par compter dans l'arène politique au TOGO, nous avons
tous intérêt à juguler la crise.
Cela part fondamentalement de la disposition des différents
acteurs à s'adonner à une confrontation constructive
qui aboutira invariablement à une consolidation des
forces vives de l'Union des Forces de Changement.
Cela servira d'exemple à mettre au crédit du
parti le plus représentatif au TOGO. L'exception de
l'U.F.C illuminera la ténébreuse vie politique
togolaise, pour ainsi confirmer sa prédominance sur
les autres.
Nous devons faire preuve de beaucoup de tolérance les
uns envers les autres pour asseoir une autre manière
de gouverner qui est tant souhaitée par un peuple togolais
qui n'en finit pas d'étouffer. Ce peuple qui n'aspire
qu'à une chose : " se débarrasser de la
vermine ! "
" Comme on fait son lit, on se couche ", dit le
dicton. Assurons-nous de ne point défaire le lit
Les grandes causes requièrent les grands moyens. Alors,
si l'Union des Forces de Changement n'est pas une grande cause,
qu'on me le prouve !!!
Arrêtons incessamment cette mauvaise mascarade, cette
" valse des néophytes "qui tend à
s'éterniser chez nous. Elle devient insipide et abjecte.
Arrêtons-la vraiment
, on s'en sentirait mieux
!
Kofi Lolowu Mawuvi DOHNANI