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Par convention, nous daterons la naissance de
la presse indépendante au Togo au début des
années 1990.
Certes, des titres (62 au total) ont existé au Togo
avant et jusqu'aux lendemains de l'indépendance en
1960. Mais ils ont définitivement disparu entre 1963/1967.
Ainsi, on ne peut véritablement parler d'une presse
libre qu'à partir des années 1989/1990, c'est
à dire dans la foulée du processus de démocratisation.
Ce qui s'inscrit au demeurant dans la marche vers le développement
économique, social et culturel du pays.
Demeuré pendant longtemps inexistante, cette presse
confrontée aujourd'hui à une véritable
recherche identitaire(IV) avec un lectorat de plus en plus
exigeant (III), essaie de s'organiser (II) plus de 10 ans
après son émergence(I).
I. L'EMERGENCE D'UNE PRESSE LIBRE AU TOGO
1990 car avant cette période le paysage de la presse
écrite était représenté par l'organe
de presse officiel, LA NOUVELLE MARCHE qui reprendra en 1991
son ancienne dénomination : "TOGO PRESSE ".
A part cette publication, aucune édition ne pouvait
avoir la prétention de mettre sur le marché
une publication d'informations.
Les seules tentatives ont émané de maisons d'imprimeries
qui mettaient sur le marché des magasines publicitaires
reprenant en rubriques des programmes de cinéma, les
pharmacies de garde, des histoires drôle...
En 1989, la publication ATOPANI après avoir reçu
un financement du parti unique (RPT)se lance dans l'aventure
d'une presse libre. Mais cette publication fera un long exercice
d'équilibrisme avec le régime du parti unique.
S'étant fait financé, elle ne pouvait critiquer
le parti et dès lors s'est contentée de publier
des reportages sportifs et de reprendre des articles de journaux
béninois, le pays voisin.
En 1990, le Courrier du Golfe, magazine de publicité
de l'imprimerie SIGRE commencera timidement à imiter
son confrère Atopani, en rapportant des évènements
sportifs.
1/ LE CONTEXTE SOCIO-POLITIQUE
L'inexistence de publications indépendantes du parti
unique n'a jamais été fondée sur une
base juridique ou légale d'interdiction. L'argument
invoqué pour justifier l'absence de publications autres
que celle officielle ou du parti unique, TOGO DIALOGUE est
qu'il n'y avait aucun texte qui devait régir leur création
et existence.
Il faut souligner au passage que le même argument servait
à justifier l'absence d'associations autres que celles
du parti unique, qui au demeurant n'ont jamais eu une existence
juridique non plus.
Bref, l'exercice de ces libertés n'étant garanties
par aucun " texte ", elles ne pouvaient être
exercées.
Seule la liberté de religion fut officiellement restreinte,
par arrêté ministériel, au profit des
religions catholique, protestante et musulmane.
2/ LA " JURISPRUDENCE " DE LA CNDH
Créée en 1989 par une loi organique.la Commission
Nationale des Droits de l'Homme, va dans un brillant article
sur la liberté de presse au Togo, va apporter la preuve
historique et juridique que les liberté de presse et
d'association existent au Togo aux motifs d'une part que le
Togo a ratifié les instruments internationaux des droits
de l'homme garantissant ces libertés, notamment le
Pacte International des Droits Civils et Politiques et d'autre
part que de tradition juridique dans les anciennes colonies
françaises, les lois et règlements français
non abrogés étaient toujours d'application.
Cette Commission dotée d'une publication, LES ECHOS
DE LA CNDH, va s'en servir comme " tribune de contestation
de l'arbitraire " du régime en place.
Du fait de l'existence d'une remise en cause de la garantie
et de la mise en uvre de la liberté de presse,
une controverse va exister sur l'effectivité et l'existence
de cette liberté
La Commission " va être
sollicitée " à lever cette équivoque.
Car les publications commençaient à paraître
sans qu'aucune formalité ne soit remplie.
Cette ambiguité va être levée par un "
mémoire " du Président de la Commission,
par ailleurs bâtonnier de l'ordre des avocats à
l'époque, Maître Agboyibor qui va avoir un "
effet jurisprudentiel " quant à la mise en uvre
de la liberté de presse et de la liberté d'association.
LE COURRIER DU GOLFE pouvait alors officiellement publier
des articles politiques.
Dans la foulée naîtront à partir du 2ème
semestre 1990, les hebdomadaires :
LE FORUM HEBDO
LA TRIBUNE DES DEMOCRATES
LA PAROLE, le 1er journal satirique togolais.
II. L'ORGANISATION DE LA PROFESSION
Datant des année 90, dans le contexte de la démocratisation,
et alors que le marché foisonnait de titres divers,
les 1ères bases juridiques seront érigées
en 1992 avec l'adoption de la Constitution de la IV ème
République.
1/ LE CADRE JURIDIQUE
La Constitution reconnaît et garantit la liberté
de presse dans le Titre II, article 26, dispose que "
la liberté de presse est reconnue et garantie par l'Etat.
Elle est protégée par la loi
"
Dès 1990 déjà, la LOI du 30 Décembre
1990 portant code de la presse jette les bases juridiques
relatives à la création de publications et à
l'exercice de la profession de journaliste.
10 ans plus tard, en 2000 un nouveau code a été
élaboré
Une HAAC sera aussi créée conformément
au Titre IX de la Constitution avec pour mission de "
garantir et assurer la liberté et la protection de
la presse et des autres moyens de communication de masse
"
2/ LA FORMATION ET L'ORGANISATION DES JOURNALISTES
Créée dans la dynamique de la démocratisation,
une grande différence existait entre la formation des
journalistes de la presse privée et ceux de la presse
officielle. Si les seconds avaient quasiment tous des diplômes/certificats
de journalisme d'université ou d'Institut de formation,
les premiers vont rapidement démentir la croyance selon
laquelle un diplôme de journalisme était synonyme
d'un travail journalistique de qualité.
Certes, ces journalistes de la presse privée étaient
rares et n'émergeront du lot que bien plus tard. La
majorité des journalistes de la presse privée
essayait de se former sur le tas. Deux catégories se
distinguaient : ceux qui ont fait des études universitaires
(de lettres en général) et ceux dont le bagage
intellectuel se situe au niveau du secondaire, et même
Devant cette lacune préjudiciable à la profession
les rédacteurs ont sollicité eux même
auprès de la coopération de certains pays des
stages et/ou formations. Les premiers programmes de formation,
plutôt de stage, vont être initiés, d'abord
par la Coopération Française et l'Ambassade
des Etats-Unis, suivi après par la Coopération
Allemande.
Si pour les uns (notamment la France) , ses " formations
" se limitent à des visites de journaux
pour
les autres notamment les américains suivis des allemands,
un réel programme de formation, tant pour les éditeurs
(gestion d'entreprise de presse
) que pour les rédacteurs,
sanctionnée par un certificat, est mise en place.
Le relais est pris ensuite par le syndicat des journalistes,
l'U.J.I.T.
Sur le plan de la défense de la profession, les journalistes
sont regroupés au sein de l'Union des Journalistes
Indépendants du Togo, l'U.J.I.T., anciennement A.J.I.T.
créée en 1990.
L'U.J.I.T. va à son tour initier un programme ambitieux
de formation et de réorganisation de la profession,
dont la Maison de la Presse.
Quant au éditeurs, ils sont regroupés au sein
de l'Association Togolaise des Editeurs de la Presse Privée,
l'A.T.E.P.P. créée en 1993 et chargée
des intérêts des éditeurs de presse.
III. LE MARCHE DE LA PRESSE INDEPENDANTE
Il faut d'emblée souligner que le marché de
la presse est très restreint, et que cette exiguïté
du marché tient à 2 paramètres :
D'une part, le taux d'alphabétisation du lectorat potentiel
et d'autre part, l'absence de politique de vente des éditeurs.
1/ LE TAUX D'ALPHABETISME
Le Togo a un taux d'alphabétisation de +/- 55%. A priori,
on pourrait penser que le lectorat couvre les 55% de la population.
Mais tel n'est pas le cas.
D'une part car le marché couvert est essentiellement
urbain (niveau national), mais les 55% de la population alphabétisée
ne réside pas que dans les villes.
D'autre part, parce que le lectorat est concentré dans
les villes, notamment Lomé. Or 25% de la population
est urbaine.
Il faudrait alors connaître le taux d'alphabétisation
des populations urbaines pour avoir une projection réelle
du lectorat potentiel. Cependant, en l'absence de ces données,
on évalue le lectorat aux alentours de 250 000 lecteurs.
Quant au marché extérieur, il est inexistant.
Les journaux togolais de la presse privée ne sont pas
vendus à l'extérieur des frontières du
pays (voir plus loin).
2/ L'ABSENCE DE POLITIQUE DE DISTRIBUTION
Les journaux togolais, se vendent uniquement au Togo et essentiellement
à Lomé.
Ils ne couvrent pas tout le territoire, d'une part parce qu'aucune
politique de vente n'existe, d'autre part parce que le circuit
de distribution n'est pas fiable sinon inexistant, et enfin
les saisies de journaux ou arrestations de vendeurs à
l'intérieur du pays est fort courant.
Un panel, non confirmé, de distribution donne :
- Vente à la criée : 75 %
- Abonnements : 10%
- Dépôt : 5%
- Perte : 10%
Ainsi, est inexistante une réelle politique d'abonnement
et de fidélisation des lecteurs.
De même les abonnements croisés entre journaux
nationaux sont inexistants. Pour ce qui est avec des publications
étrangères
.Or cela est un vecteur de "
promotion à l'extérieur " d'un journal.
Ces journaux ne sont pas vendus à l'étrangers,
à cause du manque d'une volonté réelle
de distribution et du coût de la distribution dans les
pays voisins et encore moins dans les autres pays.
Certes, il arrive qu'une publication se retrouve sur un marché
étranger. Cela ne sera qu'un concours de circonstance
car il n'y aura pas de régularité dans cette
distribution
3/ LES TITRES
Au total, si avant 1990 une demi-douzaine de titres se disputaient
le marché, 5 ans plus tard, le marché comptait
122 publications dont 90% sont des publications d'informations
générales politiques.
Si les journaux n'ont pas d'étiquette politique, ils
sont à l'image du paysage politique du pays. D'un côté
la presse dont l'opposition (et les militants d'un Etat de
droit) se considère comme le défenseur, de l'autre
la presse proche de l'ex parti unique avec à ses côtés
la presse officielle.
Certes la majorité des titres sont politiques, mais
il existe aussi des publications économiques, sportives,
religieuses, culturelles, de mode
même de l'Armée
: La Revue des FAT (Forces Armées Togolaises), et un
journal satirique jusqu'en 1998.
Une autre caractéristique du marché est l'uniformité
des titres, uniformité qui va du contenu des publications
à leur prix de vente.
La périodicité tous les journaux est caractérisée
par leur parution hebdomadaire. Le seul quotidien, ATOPANI
EXPRESS, a dû rendre l'âme après une tentative
infructueuse en 1993.
De même tous les journaux sont d'un format tabloïd
de 8 pages, 12 avant la dévaluation du franc CFA en
1994.
Quant au prix de vente est de 250 FCFA pour un hebdomadaire
pour un tirage compris entre 500 à 5 000 exemplaires
par semaine. De toute façon, le nombre de tirage est
un " secret stratégique " des éditeurs.
Seuls un ou deux journaux publiaient annuellement leur tirage.
Mais en l'absence d'une organisation de la distribution, il
va s'en dire que c'est là aussi des données
à prendre avec des réserves.
Toutes les publications sont en français.
Le TEMPS publie depuis 2000, une version anglaise de son journal.
L'absence de publicité est la caractéristique
de la presse privée. D'une part parce que les entreprises
publiques, les plus nombreuses se refusent à faire
passer des annonces dans une presse qualifier de l'opposition
ou d'opposition. Les entreprises privées par crainte
de se voir taxer de soutenir l'opposition ne s'adressent pas
à cette presse.
IV/ LA DUALITE LIBERTE D'OPINION / DELIT DE PRESSE AU TOGO
Cette dualité trouve son explication
dans l'organisation de la profession et la structure du marché
togolais.
L'une des caractéristiques de la profession est le
manque d'expérience dont elle souffre depuis 10 ans.
A titre d'exemple, la confusion entre l'UJIIT et l'ATEPP.
La profession n'a pas encore compris qu'un éditeur
de journal dirige et défend une entreprise de presse,
défend une stratégie commerciale, tandis qu'un
syndicat de journalistes, défend les intérêts
de ceux qui écrivent, défend la déontologie
d'une profession
Qu'ainsi, les éditeurs et les
journalistes ont des intérêts divergents quant
au but poursuivi mais convergents quant aux moyens mis en
uvre pour assurer les ventes de la publication.
1/ DE L'EXERCICE DE LA LIBERTE DE PRESSE
Le but poursuivi par les éditeurs
L'exercice de la liberté de presse vue sous l'angle
du praticiens, ne peut être appréhendé
sans rechercher le but poursuivi par les acteurs eux-mêmes,
éditeurs et journalistes.
Le profil de ces 2 catégories d'acteurs nous renseignent
que :
- les 2/5 des acteurs sont de défenseurs ou militants
de l'Etat de droit et/ou de l'opposition ;
- 2/5 sont dans la profession pour assurer leur quotidien
en tirant le maximum de profit des ventes ;
- 1/5 ont le réel profil du journaliste, ce "
rédacteur engagé du quotidien ".
Mais un mélange subtil existe entre la catégorie
des défenseurs et celle des " affairistes "
de la presse privée.
La mise en oeuvre de la liberté de presse
Les journalistes togolais sont confrontés à
la dure réalité de l'exercice de la liberté
de presse. En faisant abstraction des problèmes engendrés
par les incessants procès liés au délit
de presse, la difficulté majeure trouve sa source dans
l'inorganisation et l'absence de stratégie de cette
presse.
Difficultés structurelles
Confrontées à une absence de locaux, donc de
siège (symbolisé par l'adresse du domicile de
son directeur de publication
), certaines publications
fonctionnent avec un journaliste. Celui-ci jouant à
la fois le rôle du directeur de publication, de rédacteur,
de chargé d'impression et des ventes...
Le nombre de rédacteurs varie de 1 à 7 en fonction
de la publication, et est lié par ailleurs à
l'existence d'un siège.
De 1990 à 1998, des publications avaient un personnel
variant de 10 (Forum Hebdo et La Parole), 12 (Kpakpa Désenchanté)
voire 15 membres (Courrier du Golfe) dont les 2/3 en rédacteurs.
Quant aux salaires des rédacteurs, ils varient entre
20 000 et 60 000 FCFA ; sans compter que ce salaire n'est
pas régulièrement payé.
A cela, il faut ajouter les frais de fonctionnement,
les photocopies (à partir de 25 FCFA la page), le téléphone
(à partir de 58 FCFA/HTVA l'impulsion téléphonique
),
les déplacements...
Ces frais qui constituent pour la plupart des publications
un luxe, plus souvent faute de moyens que par la mauvaise
volonté des éditeurs. Et cela ne concerne que
la situation d'une publication moyenne sans les frais d'installation,
bureaux, matériels informatiques et loyers.
Aujourd'hui, aucune publication n'a sa propre imprimerie.
Jusqu'en 1993 les publications, Courrier du Golfe, Forum Hebdo,
La Tribune des Démocrates, avaient leur propre imprimerie.
Celles-ci furent détruites par l'Armée lors
de représailles contre les journaux privés.
Difficultés commerciales
Confrontées régulièrement au problème
de tirages parallèles organisés par les imprimeries
souvent en complicité avec le rédacteur chargé
de l'impression (qui a des arriérés de salaires
),
les publications sont fortement démunies face à
cela.
Un autre problème est celui du recouvrement des ventes.
Tirant 75% de ses recettes de la vente à la criée,
il suffit que les vendeurs " empruntent " ou "
disparaissent " avec le produit de la vente de la semaine
pour que la publication suspende sa parution ou paraît
à crédit.
Le problème déontologique est
crucial lorsqu'on assiste encore à des articles publiés
sous des pseudonymes
ou que des ours mentionnent de noms
correspondants fallacieux, de fausses adresses ou de pseudonymes.
Ajouté à cela le manque d'expérience
ou de formation, le risque de dérapage devient accru
Mais le plus grand handicap réside dans la difficulté
de vérification des informations par les rédactions,
faute de moyens. Car souvent, les rédacteurs de bonne
volonté, financent avec leurs propres fonds les vérifications
d'informations ou " entretiennent " eux même
leurs informateurs.
2/ DE LA REPRESSION ARBITRAIRE A LA REPRESSION
LEGALE
Les causes
Longtemps, les journalistes constituaient une " race
" à exterminer
par les forces de sécurité.
Quant à l'Autorité publique, elle a toujours
affiché un mépris vis-à-vis des journalistes.
Ce qui n'a fait qu'accroître la virulence de la presse
togolaise, qui excelle dans l'art de la provocation. En effet
l'une des techniques rédactionnelles de cette presse
est la publication de rumeurs ou d'informations fausses avec
l'objectif avoué de provoquer une réaction de
l'Autorité publique.
- Cette séparation rigide entre les pouvoirs
publics et les journalistes et qui s'observe aussi entre la
presse et les acteurs économiques, entraîne des
difficultés dans la libre exercice de la profession.
Les informations de source identifiée et fiable sont
pour les correspondants de la presse étrangère
Les voyages du gouvernements sont réservés au
journalistes de la presse officielle.
Si on ajoute à cela le manque d'expérience ou
de formation, le risque de publication d'information non vérifiée
est très élevé.
A cette défaillance, l'Armée, les Forces de
sécurité publique et même la Justice ont
répondu par des plasticages d'imprimerie et de rédaction,
l'agression des rédacteurs et des vendeurs, des tentatives
d'assassinat et plus récemment des peines d'emprisonnement
disproportionnées.
- Entre 1990 et 1994, toutes les pionniers de
la presse libre ont fermé leurs publications. Soit
parce que le directeur de publication faisait l'objet de menace
de mort (COURRIER DU GOLFE, FORUM HEBDO, LA PAROLE
)
et a dû s'exiler. Et lorsque les publications continuaient
à paraître, la rédaction et le matériels
étaient détruits.
Au passage, les vendeurs étaient battus et les journaux
qu'ils vendaient saisis.. Ainsi, ils refusaient de vendre
les publications dans le collimateur des militaires.
Ebauches de solutions aux problèmes de
la presse togolaise
L'association des journalistes se propose d'interpeller le
pouvoir politique afin de rendre plus efficace la collaboration
entre la Haute Autorité, via un Conseil Déontologique
dont l'avis doit être déterminant en matière
de délit de presse.
Quant aux éditeurs, il leur appartient de faire preuve
de plus de professionnalisme en acceptant dès le départ
qu'ils ne sont pas des rédacteurs mais des gestionnaires
d'entreprise de presse.
A eux de poser les jalons pour doter la profession des moyens
de participer à la lutte pour l'effectivité
de la liberté de presse, si tant est-il que c'est le
but qu'ils poursuivent. Et ces moyens sont financiers. Seules
une réelle politique de ventes, une réelle organisation
des publications peuvent servir de levier à doter la
profession de ces moyens.
Les renforcements inéluctables de l'arsenal répressif
ne doit pas les écarter de cet objectif. Aucune liberté
ne s'octroie.
Conclusion !!!
Le pouvoir politique et à sa suite la Justice doivent
faire leur, cette maxime de Georg C. Lichtenberg, philosophe
allemand 1780 : " Il est impossible de porter le flambeau
de la vérité à travers une foule de gens
sans brûler la barbe de quelqu'un ".
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(Prochaine mise à jour, Janvier 2003 avec la
radiographie de la profession incluant; le nombre de rédacteurs
et pigistes par quotidien, hebdomadaire et mensuel)
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