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Message de Vœux de 2006

Message du president de Bâtir le Togo
Nouvel an 2006

 

Mes Chers Compatriotes, Populations des campagnes et des villes, membres de la diaspora, Togolaises et Togolais. Encore une année qui s'achève et une autre qui va commencer. Quel est le bilan de 2005 et que pouvons nous espérer pour 2006 ?

Le 5 février 2005, après près de quarante ans de règne, un chef africain disparaissait d'une mort aussi tranquille comme s'il avait été l'homme le plus juste du monde alors qu'il n'en était rien.
Cet homme, c'est GNASSINGBE EYADEMA, le dictateur qui, pendant des décennies, a plongé " La Terre de nos Aïeux " dans les ténèbres. Un grand espoir naît alors chez nombre de Togolais, porté par tout un peuple qui s'était depuis longtemps résigné. Hommes, Femmes, Jeunes et Enfants s'étaient alors mobilisés avec l'espoir que l'heure a enfin sonné pour aller vers des lendemains meilleurs. Une ère nouvelle est enfin en train de naître pour le Togo, pouvait-on entendre les plus éloquents chanter.

Hélas, ce " grand espoir " sera rapidement déçu et le peuple replongé dans des ténèbres renouvelées, marquées par un abondant écoulement de sang, incarnées par une nouvelle génération d'acteurs qui entend aller aussi loin que l'horizon fixé par le père.

D'aucuns diront donc, à l'orée de cette nouvelle année 2006, que l'an 2005 a été une mauvaise année pour le Togo. Au sein de " Bâtir le Togo ", nous refusons toujours d'être aussi pessimistes.

L'année 2005 nous aura fait connaître, comme toute autre année, des heurs et des malheurs. Mais si nous sommes de bons élèves de la vie, nous noterons que 2005 nous aura appris de nombreuses leçons. Parmi celles-ci on pourra retenir :

- La mort d'un dictateur dans son lit ne signifie pas la fin des tribulations de notre peuple.
- La candidature unique de l'opposition n'est pas la panacée.
- Dans un système comme celui du Togo, ce n'est pas parce que le peuple a voté que la victoire lui revient et les résultats ne se traduisent pas forcément dans la réalité.
- Les gens qui se sont toujours caché derrière la prétendue désunion de l'opposition ou qui ont souvent affirmé qu'il n'y a personne en face pour remplacer EYADEMA ont fini par montrer leur vrai visage de partisan de la dictature et des intérêts matériels qu'elle leur procure.
- Un droit ne s'octroie pas, il s'arrache.
- La vie politique est le reflet permanent de l'état des forces en présence. Tant qu'il n'y aura pas un équilibre des forces et qu'une seule partie aura le monopole de la terreur, aucune négociation n'est possible et aucune solution ne prévaudra.
- La communauté internationale ne viendra pas, tel un bon Dieu qui descend du ciel, nous débarrasser le Togo de sa dictature ou de ses problèmes.
- Nous avons également appris que ce ne sont pas tous ceux qui se réclament de la démocratie qui luttent effectivement pour l'intérêt du peuple. Les ânes ne deviendront jamais des chevaux. Et ce n'est pas la politique qui nous démentira.
La longueur de la lutte pour l'Etat de droit aura eu un de ces rares avantages de clarifier le jeu en laissant au bord du chemin, tous ceux qui s'identifient à " des sandales usées. "

Sur le plan des leçons donc, l'année 2005 n'aura pas du tout été négative. Elle nous aura beaucoup appris. A condition, bien sûr, que nous sachions tirer toutes les bonnes leçons des situations et surtout que nous transformions cette expérience en quelque chose de mieux que l'amateurisme politique dont nous avons fait preuve jusque là.

Il faut que l'expérience vécue en 2005 devienne la dernière sur la voie de l'apprentissage et celle qui nous mène définitivement vers une victoire méritée par notre peuple meurtri. C'est peut-être très ambitieux, vu la situation dans laquelle se retrouve aujourd'hui notre pays. N'oublions cependant pas que sans ambition, rien n'est possible. Et si nous n'avons pas d'ambition pour notre pays, autant dire que nous n'en sommes pas dignes. L'ambition est donc nécessaire pour la réussite de notre marche vers l'Etat de droit.

Mais pour cela, il nous faut encore continuer de nous battre. Nous battre contre un régime qui s'est régénéré ou qui a assuré sa succession et prépare sa pérennisation. EYADEMA est parti, vive GNASSINGBE est la situation qui est aujourd'hui imposée à notre peuple avec la bénédiction d'une certaine communauté internationale. Ou nous l'acceptons ou nous la refusons. Et si nous la refusons, nous devons continuer de la combattre. Mais contrairement à ce qui a été fait jusque là, il nous faut devenir efficace dans ce combat. Cesser d'être des " Sisyphe " et rendre nos efforts fructueux.

C'est avec cet espoir renouvelé de nous voir rendre notre combat pour la démocratie et l'Etat de droit plus effectif en vue d'aboutir à des résultats concrets permettant de sortir " la Terre de nos Aïeux " du chaos perpétuel, que je formule à chacun les vœux les meilleurs de Paix, de Santé, de Succès et de Joie pour l'année 2006.

Que le Grand Architecte de l'Univers, dans la conception que chacun d'entre nous en a, vous bénisse et bénisse notre pays. Puisse l'année 2006 marquer enfin le début d'une ère nouvelle pour notre pays sur les plans politique, économique et social.
Vive " Bâtir le Togo ", vive le Togo, vive l'Afrique.

Pour " Bâtir le Togo "

le Président.

 

 

 

 

 

 

 
 
 

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