Mondo Viti (Bruxelles, 07/02/05)
Les parlementaires togolais ont désigné dimanche
06/02/05, Faure Gnassingbé, le fils du président
défunt Gnassingbé Eyadéma, président
de l'Assemblée nationale.
En 3 heures ce dimanche, les membres de l'Assemblée
Nationale ont modifié la Constitution, et l'article
203 du code électoral, suspendu le président
de l'Assemblée nationale et l'élu M. Gnassingbé
fils comme président de la Chambre.
Le chef d'orchestre de cette séance historique a
étéle 1er vice-président de l'Assemblée,
M. Abass Bonfo, qui a fait voter les propositions de loi
portant réforme de la Constitution à main
levée aux 67 députés présents,
sur 81.
Il fera procéder au vote unanime de la destitution
de M. Fambaré Natbacha Ouattara, président
de la Chambre.
Les " habitudes de la maison " ont été
respectées : vote à bulletin secret, urne
vitrée et décompte devant les caméras
de télévisions en direct.
En contact téléphonique avec M. Bonfo, Faure
Gnassingbé arrive au Palais des Congrès pour
annoncer sa démission de son poste de ministre pour
"retrouver de plein droit ses fonctions de député"
et, se faire élire par 67 voix, sur 67 inscrits,
à la tête de la chambre.
Pour clore le scénario, M. Bonfo lit la décision
de la cour Constitutionnelle constatant la vacance de la
présidence de la république par décès
de Gnassingbé Eyadéma.
Après ce cafouillis constitutionnel, Faure Gnassingbé
devient président par intérim de la République
togolaise, et doit assumer ses fonctions "jusqu'au
terme du mandat de son prédecesseur" selon le
nouveau texte amendé de l'article 65 de la Constitution,
sur la vacance de pouvoir.
Le compositeur de cette cacophonie juridico-constitutionnelle
est le lieutenant François Boko, docteur en droit
de l'Université Paris II, assistant et diplômé
de l'Ecole de formation au barreau à Paris.
En attendant la réaction de ses professeurs, il se
fait passer pour un " ami de Faure ".