Une amnistie taillée sur mesure
pour la famille Gnassingbé
, Mondo Viti -
Bruxelles
Faure dans ses tractations avec l'opposition a saisi au bond
la proposition d'amnistie qui lui a été faite.
Pour donner du grain à moudre, il a accepté
la proposition pour la famille Gnassingbé, les dignitaires
de son père, des militaires des FAT. Si le principe
de l'amnistie a été accepté, à
propos des militaires, l'amnistie des auteurs de crime de
sang serait en discussion. Et ce, malgré la démission
de Faure.
On ne sait jamais
. Si Faure perdait " ses élections
" il lui faudrait avoir un amortisseur politique sûr.
TOGO : Séance du mercredi 09/02/2005 (143e
séance de la session ordinaire 2004-2005 sous la
présidence de M. Jean-Louis Debré) - Source,
www.assembleenationale.fr
Nous reproduisons in extenso, le débat à
l'A.N. française relatif à la situation togolaise.
" M. le président : La parole est à
M. Serge Janquin, pour le groupe socialiste.
M. Serge Janquin : Ma question s'adresse à
M. le ministre des affaires étrangères.
" Avec lui disparaît un ami de la France qui
était, pour moi, un ami personnel ", a déclaré
le Président Jacques Chirac. Que Gnassigbé
Eyadéma ait été un ami personnel de
Jacques Chirac, seul ce dernier peut le dire.
M. Éric Raoult: Et de Mitterrand !
M. Serge Janquin : Il l'a remis à sa place
à La Baule ! (Exclamations sur les bancs du groupe
de l'Union pour un mouvement populaire.)
Qu'il ait été un ami de la France, qui se
caractérise par des valeurs démocratiques,
le respect de l'État de droit et des droits de l'homme
et du citoyen, permettez-moi d'en douter.
Un député du groupe de l'Union pour un
mouvement populaire : Et votre ami Gbagbo ?
M. Serge Janquin : Le Togo vient de vivre un moment
politique ubuesque et tragique. Le 6 février dernier,
quelques heures après la mort du président
Eyadéma, un successeur a été désigné
par les forces armées, au mépris des règles
fixées par la Constitution : il s'agit de Faure Eyadéma,
l'un des fils du dictateur décédé.
Les auteurs de ce coup de force ont bricolé un "
pontage " institutionnel en l'installant manu militari
à la présidence de la chambre des députés.
L'intérim présidentiel est, en effet, selon
la loi fondamentale togolaise, assuré par le président
de l'Assemblée nationale, aujourd'hui démis
et exilé.
Alpha Oumar Konaré, président de la commission
de l'Union africaine, Mamadou Tandja, président de
la CEDEAO, et le secrétaire général
de l'ONU, Kofi Annan, ont immédiatement et fermement
condamné la violation des règles constitutionnelles.
Ce tour de passe-passe institutionnel est inacceptable.
La République héréditaire n'est plus
la République, et la solidarité démocratique
africaine nous interpelle.
Témoin de violations des lois électorales
lors des élections présidentielles de 1993,
auxquelles j'assistais en tant qu'observateur, j'avais publiquement
dénoncé cet état de fait avant de suspendre
ma participation à la mission de l'Assemblée.
Il y a deux ans, le Parti socialiste a vivement regretté
les félicitations adressées par le Président
de la République, Jacques Chirac, après la
réélection dans des conditions tout aussi
contestables du président Eyadéma. La mort
de Eyadéma et le tollé international que suscite
l'organisation de sa succession risquent fort de marquer
dans la sous-région un nouveau recul de l'influence
politique de Paris, influence déjà contestée
en Côte-d'Ivoire (Exclamations sur les bancs du groupe
de l'Union pour un mouvement populaire.)
M. Jean-Claude Lenoir et M. Jean Leonetti : Papamadit
!
M. le président : Veuillez poser votre question,
monsieur Janquin.
M. Serge Janquin : J'espère qu'au lendemain
de cette farce institutionnelle à Lomé, le
Gouvernement ne se contentera pas de suggérer comment
le coup d'État pourrait être légitimé...
M. le président : Il faut conclure, monsieur
Janquin !
M. Serge Janquin : ...et qu'il manifestera à
l'égard du pouvoir en place au Togo fermeté
démocratique et sanctions appropriées (Applaudissements
sur plusieurs bancs du groupe socialiste.)
M. le président : La parole est à
M. le ministre délégué à la
coopération, au développement et à
la francophonie.
M. Xavier Darcos, ministre délégué
à la coopération, au développement
et à la francophonie. Le président Gnassingbé
Eyadéma est décédé le 5 février
dernier. Avec lui disparaît l'un des plus anciens
responsables africains qui, parmi ses pairs, jouait un rôle
important dans un grand nombre de médiations. Comme
vous le savez, la constitution togolaise prévoyait
que l'intérim de la présidence devait être
assuré par le président de l'Assemblée
nationale. Sous la pression militaire, la constitution a
été révisée afin d'installer
Faure Eyadéma, le fils du président, dans
les fonctions de président de la République,
jusqu'en 2008.
Contrairement à ce que vous affirmez, la France s'est
montrée particulièrement vigilante. Elle a
aussitôt pris contact avec les institutions internationales
concernées, avec les États voisins du Togo,
ainsi qu'avec la CEDEAO et son président. Par ailleurs,
j'ai rencontré il y a deux jours le président
Tandja à Niamey, avec qui j'ai évoqué
cette question.
Faure Eyadéma a déclaré ce matin qu'il
souhaitait organiser très rapidement des élections
libres et démocratiques, qu'il voulait rouvrir les
frontières du pays, et que le président de
l'Assemblée nationale, qui se trouve aujourd'hui
hors du Togo, y serait le bienvenu. Nous allons vérifier
si ces choses sont justes. En ce moment même se tient
à Niamey une réunion de la CEDEAO à
laquelle nous sommes également très attentifs,
qui doit vérifier si les promesses sont tenues. Si
ce n'est pas le cas, la France jouera une fois de plus son
rôle plein et entier dans le cadre des institutions
internationales, en particulier dans le cadre de l'Union
européenne, qui avait décidé de reprendre
des négociations de partenariat avec le Togo à
partir du mois d'avril prochain. Quoi qu'il en soit, la
France encourage le respect de la légalité
républicaine, au Togo comme ailleurs (Applaudissements
sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.) "
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