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CONTRIBUTION A LA CONFERENCE-DEBAT DU 17/03/02 DE LA CDPA-BT
(Noviti-Spéro HOUMEY, Secrétaire Général du Conseil Exécutif)

 

"METTRE FIN A LA DICTATURE AVEC UNE OPPOSITION RESPONSABLE"

 

Depuis 12 ans, le Togo s'illustre sur le plan international par sa volonté affichée de ne pas accéder au rang des nations engagées dans un processus de libéralisation de la vie politique : la démocratisation.
Depuis 12 ans, le paysage politique togolais est caractérisé par les mêmes acteurs, tant du côté du Régime Eyadèma que, de ce qu'il est convenu d'appeler opposition.
C'est à croire que depuis le 13 Janvier 1963, le Togo est victime d'une malédiction.
Une Conférence Nationale sabordée avant sa clôture, des élections en 1993, 1994 et 1998 boycottées, controversées mais, qui permettront au Régime de se maintenir en place.
Des Accord inter-togolais à répétitions : FAR, COD I et II, COLMAR, OUAGA I et II, Accord Cadre de Lomé…
A chaque fois, les mêmes acteurs, avec les mêmes revendications, les mêmes compromis, les mêmes accords, les mêmes remises en cause.
Nul aujourd'hui n'ignore la capacité de nuisance du Régime Eyadèma qui incarne le mal togolais.
Mais, ses adversaires le savent-ils au point d'intégrer cette donne dans leur stratégie, si tant est il qu'ils en aient ?
Comment expliquer que les mêmes qui, il y a 10 ans se sont positionnés en porte parole du Peuple ne soient pas en mesure de tirer les conclusions des humiliations et échecs successifs dont seuls, ils portent la responsabilité ?
En 1992 elle s'est trouvée des qualificatifs de modérés et de radicaux ; mais ni les premiers ne sont arrivés à voir aboutir leurs solutions. Les seconds encore moins.
Mais l'objectif caché est atteint : attiser la " haine " au sein même de l'opposition et, cristalliser la division parmi les partisans des deux camps nés de ce schisme.
Aujourd'hui, le même appât est lancé. Dès qu'il s'est agi de législatives, le Régime sur son site Internet reprend le même slogan : les radicaux ne veulent pas d'élections. Ce qui sous entend qu'il y a des modérés et des radicaux.
L'opposition naïvement se saisit encore une fois de ces terminologies en se les appliquant avec délectation, jetant ainsi les germes d'un nouvel éparpillement de ses forces.
En 1993, l'opposition a dû passer par des accords de Ouaga pour se mettre " en route vers les élections ".
En 1994, elle gagnera les législatives à l'issue de tractations avant de se saborder pour offrir sa victoire au Régime.
En 1999, elle passe à nouveau par un Accord Cadre pour préparer des législatives anticipées. Aujourd'hui le résultat est éloquent : POINT D'ELECTION A L'HORIZON !
Mais l'opposition n'a pas encore compris que Mr Eyadèma ne veut pas d'élections libres et transparentes.
Ainsi pour retarder l'échéance, il a fait emprisonner Mr Agboyibor du Car. Au lieu de se réunir en Union sacrée, cette même opposition à travers ses militants y a vu une manœuvre de "l'Homme du 13 Janvier" pour permettre à l'autre d'assurer sa succession.
D'un côté et une fois de plus, les militants se sont " étripés ".
De l'autre, l'opposition n'y a vu que du feu et, pendant ce temps, l'objectif visé est atteint: distraire et occuper l'opposition.
Qui peut succéder à cet homme sinon lui même ? Mr Eyadèma ne veut pas d'élections qui le bouteront hors du pouvoir.
Distraite, l'opposition ne s'est offusquée du report des législatives en octobre 2001, et, encore moins du projet de modification du code électoral. Projet qui est devenu une réalité…
L'objectif à nouveau du Régime Eyadèma est moins de poser un acte irréversible que de retarder l'échéance.
Ce qu'espère le Régime Eyadèma est de laisser ergoter l'opposition sur cette modification et ensuite, lui proposer une nouvelle négociation dont l'opposition et lui ont le secret et partagent le goût.
A terme, et en fonction des forces en présence, il peut revenir sur cette modification. Mais l'objectif principal sera atteint, retarder si possible jusqu'en 2003 la tenue des législatives.
En attendant, nous courons les capitales européennes pour implorer nos " amis " de nous aider à nous débarrasser de " l'Homme du 13 Janvier ", ne sachant pas encore que seule notre mobilisation en une Union Sacrée forte viendra à bout de l'oppresseur.
Nul ne nous aidera sinon nous même. Mais à force de persister dans la voie que nous explorons depuis 12 ans, l'Histoire retiendra que nous avons mérité le Président qui nous a gouverné pendant 39 ans.

Bruxelles, le 15 Mars 2002

 

 

 

 

 
 
 

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