"METTRE FIN A LA DICTATURE AVEC
UNE OPPOSITION RESPONSABLE"
Depuis 12 ans, le Togo s'illustre sur le plan international
par sa volonté affichée de ne pas accéder
au rang des nations engagées dans un processus de
libéralisation de la vie politique : la démocratisation.
Depuis 12 ans, le paysage politique togolais est caractérisé
par les mêmes acteurs, tant du côté du
Régime Eyadèma que, de ce qu'il est convenu
d'appeler opposition.
C'est à croire que depuis le 13 Janvier 1963, le
Togo est victime d'une malédiction.
Une Conférence Nationale sabordée avant sa
clôture, des élections en 1993, 1994 et 1998
boycottées, controversées mais, qui permettront
au Régime de se maintenir en place.
Des Accord inter-togolais à répétitions
: FAR, COD I et II, COLMAR, OUAGA I et II, Accord Cadre
de Lomé
A chaque fois, les mêmes acteurs, avec les mêmes
revendications, les mêmes compromis, les mêmes
accords, les mêmes remises en cause.
Nul aujourd'hui n'ignore la capacité de nuisance
du Régime Eyadèma qui incarne le mal togolais.
Mais, ses adversaires le savent-ils au point d'intégrer
cette donne dans leur stratégie, si tant est il qu'ils
en aient ?
Comment expliquer que les mêmes qui, il y a 10 ans
se sont positionnés en porte parole du Peuple ne
soient pas en mesure de tirer les conclusions des humiliations
et échecs successifs dont seuls, ils portent la responsabilité
?
En 1992 elle s'est trouvée des qualificatifs de modérés
et de radicaux ; mais ni les premiers ne sont arrivés
à voir aboutir leurs solutions. Les seconds encore
moins.
Mais l'objectif caché est atteint : attiser la "
haine " au sein même de l'opposition et, cristalliser
la division parmi les partisans des deux camps nés
de ce schisme.
Aujourd'hui, le même appât est lancé.
Dès qu'il s'est agi de législatives, le Régime
sur son site Internet reprend le même slogan : les
radicaux ne veulent pas d'élections. Ce qui sous
entend qu'il y a des modérés et des radicaux.
L'opposition naïvement se saisit encore une fois de
ces terminologies en se les appliquant avec délectation,
jetant ainsi les germes d'un nouvel éparpillement
de ses forces.
En 1993, l'opposition a dû passer par des accords
de Ouaga pour se mettre " en route vers les élections
".
En 1994, elle gagnera les législatives à l'issue
de tractations avant de se saborder pour offrir sa victoire
au Régime.
En 1999, elle passe à nouveau par un Accord Cadre
pour préparer des législatives anticipées.
Aujourd'hui le résultat est éloquent : POINT
D'ELECTION A L'HORIZON !
Mais l'opposition n'a pas encore compris que Mr Eyadèma
ne veut pas d'élections libres et transparentes.
Ainsi pour retarder l'échéance, il a fait
emprisonner Mr Agboyibor du Car. Au lieu de se réunir
en Union sacrée, cette même opposition à
travers ses militants y a vu une manuvre de "l'Homme
du 13 Janvier" pour permettre à l'autre d'assurer
sa succession.
D'un côté et une fois de plus, les militants
se sont " étripés ".
De l'autre, l'opposition n'y a vu que du feu et, pendant
ce temps, l'objectif visé est atteint: distraire
et occuper l'opposition.
Qui peut succéder à cet homme sinon lui même
? Mr Eyadèma ne veut pas d'élections qui le
bouteront hors du pouvoir.
Distraite, l'opposition ne s'est offusquée du report
des législatives en octobre 2001, et, encore moins
du projet de modification du code électoral. Projet
qui est devenu une réalité
L'objectif à nouveau du Régime Eyadèma
est moins de poser un acte irréversible que de retarder
l'échéance.
Ce qu'espère le Régime Eyadèma est
de laisser ergoter l'opposition sur cette modification et
ensuite, lui proposer une nouvelle négociation dont
l'opposition et lui ont le secret et partagent le goût.
A terme, et en fonction des forces en présence, il
peut revenir sur cette modification. Mais l'objectif principal
sera atteint, retarder si possible jusqu'en 2003 la tenue
des législatives.
En attendant, nous courons les capitales européennes
pour implorer nos " amis " de nous aider à
nous débarrasser de " l'Homme du 13 Janvier
", ne sachant pas encore que seule notre mobilisation
en une Union Sacrée forte viendra à bout de
l'oppresseur.
Nul ne nous aidera sinon nous même. Mais à
force de persister dans la voie que nous explorons depuis
12 ans, l'Histoire retiendra que nous avons mérité
le Président qui nous a gouverné pendant 39
ans.
Bruxelles, le 15 Mars 2002