Togo Batir Le Togo Africa
La Lettre de la Jeunesse Togolaise
BULLETIN INTERNATIONAL D'INFORMATION ET DE SENSIBILISATION DE BATIR LE TOGO
Bimestriel No 013 *** 1 € - 1 $ - 100 FCFA *** Novembre/Décembre 2004
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Agence Hirondelle d'information, de documentation et de formation, Arusha (Tanzanie)
Quelques exraits de dépêches de l'Agence Hirondelle qui n'ont plus fait l'objet de " publicité " de la part du Porte parole du TPIR.


09.11.04 - TPIR/ DEFENSE - LES AVOCATS DEMANDENT LA REOUVERTURE DU DOSSIER D'UN CONFRERE RENVOYE

Arusha, le 8 novembre 2004 (FH) - L' Association des avocats de la défense (ADAD) auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a exigé la "réouverture" de l'enquête dans le dossier d'un de leurs confrères, renvoyé il y a un peu plus deux semaines pour "malhonnêteté, fraude et escroquerie".
Le greffier a rayé le Togolais Me Jean Yaovi Degli de la liste des avocats agréés, l'accusant d'avoir escroqué plus 300.000 dollars américains au TPIR. Il aurait en plus employé comme co-conseil une compatriote non qualifiée.
Dans un communiqué parvenu seulement lundi à l'agence Hirondelle, l'ADAD suggère "l'annulation de la procédure", estimant qu'elle est entachée de nombreuses irrégularités.
Les avocats demandent "que soit ordonnée l'instruction à nouveau de l'affaire devant une instance neutre", citant nommément le conseil de l'ordre du barreau de Paris où est inscrit Me Degli.
De l'avis de l'ADAD, c'est son barreau d'origine "qui est le plus à même d'instruire, connaître et prendre si nécessaire, des sanctions appropriées.".
L'Association propose, qu'à défaut de saisir le barreau de Paris, que Me Degli "comparaisse accompagné [d'un] conseil, devant un Conseil ad hoc constitué d'avocats et de juges de ce Tribunal."
Les avocats notent que "aucun délai, ni voie de recours" n'ont été accordés à leur confrère, et s'interrogent, en conséquence, sur "l'empressement [du greffier] à publier une décision disciplinaire non encore définitive.", selon eux.
Reconnaissant "la gravité" des accusations portées contre Me Degli, ses confrères soulignent que si ces faits devaient être avérés, "[l'ADAD] les désapprouverait sans complaisance".
Me Degli, qui est secrétaire général de l'ADAD, défendait le général Gratien Kabiligi, poursuivi pour génocide. L'ADAD "regrette" que les intérêts de l'accusé "soient les premiers sacrifiés dans cette affaire". GA/AT/GF/FH (DF''1108A)

11.11.04 - TPIR/ DEFENSE - LES AVOCATS DU TPIR ESTIMENT QU'ILS SONT MAL TRAITES
Arusha, le 10 novembre 2004 (FH) - Les avocats du Tribunal Pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont du mal à trouver des locaux pour travailler et se heurtent souvent à des retards pour se faire régler leurs honoraires, a expliqué à l'agence Hirondelle le président de l'Association des avocats de la défense (ADAD) Me Hamuli Rety.
Les conseils de la défense "éprouvent un très grand problème d'espace" dans leur travail, a expliqué leur représentant qui a précisé que certaines équipes de défense n'avaient pas de bureaux et étaient obligées de travailler dans des hôtels de la ville. Selon lui, cette situation pose un problème de sécurité. "Nous traitons des documents très confidentiels pouvant mettre en danger les témoins", a prévenu Me Rety, faisant remarquer que la défense devrait travailler "dans des locaux protégés par les Nations Unies".
Interrogé, le porte-parole du TPIR, le Togolais Roland Amoussouga, a répondu que la section chargée des avocats essayait de trouver de l'espace où les avocats pourraient classer leurs dossiers. Il a cependant fait remarquer que les avocats étaient indépendants, et devraient à ce titre travailler ailleurs que dans les locaux du tribunal. "Nous les accueillons mais ils ne payent ni eau, ni électricité, pas plus qu'ils n'entretiennent les locaux à leur disposition", a fait remarquer le responsable. A La Haye, où se trouve la juridiction sœur du Tribunal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), les avocats couvrent eux-mêmes les dépenses de location des bureaux dans lesquels ils travaillent, a-t-il précisé.
Pour le président de l'ADAD, le cas d'Arusha n'est pas comparable dans la mesure où les membres du bureau du procureur et les avocats résident à La Haye. D'après lui, il est stipulé dans les textes que le tribunal d'Arusha doit mettre des bureaux à disposition des avocats, étant donné que ces derniers doivent faire de longues distances pour venir travailler en Tanzanie, au centre géographique de l'Afrique.
Me Rety, en outre, a souligné que l'accès aux locaux faisait la part belle aux agents du bureau du procureur alors qu'ils devraient être traités à égalité avec les équipes de défense. "Depuis deux ans, si je ne m'abuse, les choses n'ont pas changé, les bureaux mis à la disposition du parquet ont augmenté, ceux alloués à la défense ont diminué, alors que le nombre de procès a lui aussi augmenté" a-t-il dit.

Changements après la grève de janvier 2004
En janvier dernier, les avocats auprès du TPIR ont enclenché une grève pour obtenir du greffe qu'il tienne compte de leurs doléances. Quelques changements ont eu lieu, a admis le président de l'ADAD. Ainsi les conseils de la défense ont accès à la bibliothèque ainsi qu'à une banque de données du tribunal connue sous le nom de "TRIM".
Me Rety s'est également réjoui du fait que les fouilles par palpation effectuées lors des visites au centre de détention des Nations Unies aient cessé. Il a par contre insisté sur la demande de modification du mode de paiement des avocats car, a-t-il dit, en raison des limites imposées "plus nous travaillons, moins nous sommes payés".
Le responsable des avocats a expliqué que la procédure de vérification des factures ne dure pas moins de trois mois, ce qui les oblige à rester plus longtemps à Arusha.
Un conseil principal auprès du TPIR peut présenter une note d'honoraires à hauteur de 175 heures par mois au maximum. Le taux horaire varie de 90$ à 110$ par heure suivant le nombre d'années d'expérience dans le métier. Le barème le plus élevé est appliqué aux avocats ayant au moins vingt ans d'expérience.
Mathématiquement cela signifie qu'un avocat expérimenté peut gagner jusqu'à 19.000$ par mois. Le budget total de la section chargée des avocats a été de 22 millions de dollars pour les deux dernières années, a-t-on appris de source officielle. Entre 2004 et 2005, 174.8 millions de dollars ont été alloués au greffe qui est notamment chargé de payer l'ensemble des conseils de la défense. GA/SV/PB/AT/GF/FH (DEF''1110A)


 


Bulletin No 11
p.1, p.3, p.4

 

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