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Droits de l'Homme au Togo

Les journalistes emprisonnés entament ce lundi une grève de la faim


Après vingt jours passés en détention, Filip EVEGNO, Dimas DZIKODO et Colombo KPAKPABIA décident d'entamer à partir de ce lundi une grève illimitée de la faim pour exiger leur libération sans condition.

Les trois journalistes ont été déférés à la prison civile de Lomé le 25 juin dernier. Depuis, ils n'ont été entendus qu'une seule fois par le quatrième substitut au Parquet de Lomé. De façon informelle, le Procureur de la République les aurait également rencontrés le 4 juillet dernier.

Des deux chefs d'accusation retenus contre eux par la Police, à savoir, diffusion de fausses informations et tentative de trouble à l'ordre public, le parquet n'aurait retenu que " le flagrant délit de diffusion de fausses nouvelles ". Mais, à ce jour, ni la Police, ni le Parquet n'ont pu clairement établir le canal par lequel les informations considérées comme fausses ont été diffusés.

Au sein de l'institution judiciaire, on serait très embarrassé par la suite à donner à un chef d'accusation grossièrement cousu de fil blanc. On hésiterait entre le jugement du dossier, en réalité vide et une relaxe sans jugement de nos confrères. Quelle que soit la décision que dicteront les autorités politiques aux autorités judiciaires, ce nouvel épisode de la cabale du pouvoir contre la presse privée indépendante laissera des traces et ternira encore un peu plus, l'image déjà bien amochée, d'un Etat togolais dont les dirigeants sont régulièrement cités par Reporters Sans Frontières parmi les " prédateurs " de la presse.

Pendant que les autorités recherchent la formule la moins dérangeante pour se sortir de ce guêpier, l'indignation s'accentue autour des actes de torture exercés sur nos confrères à la Direction Générale de la Police Nationale. Sur les onze jours passés entre les mains de la Police, deux des trois journalistes (Dimas et Colombo) ont subi des heures durant, des sévices incroyables, inhumains et dégradants.

Le chef de l'Etat alerté dit ne pas être au courant notamment de ces violences gratuites exercées sur de paisibles citoyens et promet des enquêtes approfondies pour punir les coupables éventuels. Si ces paroles n'étaient " des paroles d'Eyadéma ", les journalistes seraient presque tentés de le prendre au mot et d'attendre que dans les prochains jours le Directeur Général de la Police Nationale soit entendu sur les cas de torture perpétrés sur " les nouvelles victimes des prédateurs de la presse privée au Togo ". Mais, les journalistes togolais ne sont pas des rêveurs et savent que les paroles d'Eyadéma n'engagent que ceux qui les écoutent.

Gilles BOCCO.

 

 

 

 

 

 

 
 
 

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